
L’Afrique a enregistré une forte croissance cette dernière décennie. Une nouvelle dynamique économique a été créée. Le continent a su atténuer les effets de la crise financière et sa croissance économique a rebondi. Mais une croissance globale économique ne suffit pas. Les politiques pour réduire les inégalités et promouvoir l’inclusion sont désormais plus que nécessaires. Il est impératif de mettre plus l’accent sur ce que les gens veulent: un travail décent, un salaire adéquat, l’accès aux services de base, plus de démocratie et des gouvernements responsables. L’objectif pour l’Afrique et son peuple est d’être un pôle de croissance dans les décennies à venir. Lire plus
Le secteur informel en Afrique
Mar 27th 2013
Au cours des dernières années, nombre de pays africains ont connu un regain de croissance, mais celle-ci n’a pas pour autant généré d’emplois décents. Le chômage demeure élevé parmi les jeunes - et moins jeunes - en Afrique. Peu d’attention a été accordée au rôle du secteur informel dans la promotion de la croissance et la création d’emplois. De fait, le secteur informel contribue à hauteur de 55 % environ du PIB en Afrique sub-saharienne et emploie près de 80 % de la population. Sur le continent, neuf travailleurs sur dix, ruraux et urbains confondus, occupent un emploi informel et la plupart sont des femmes et des jeunes. Le poids important du secteur informel dans la majorité des économies africaines découle des opportunités qu’il recèle pour les populations les plus vulnérables, à l’instar des plus démunis, des femmes et des jeunes. S’il est vrai que le secteur informel représente, pour beaucoup, l’opportunité d’engranger des revenus raisonnables, la plupart des travailleurs qui y évoluent sont sans revenu fixe, et ne bénéficient d’aucun avantage social – voilà pourquoi la sphère de l’informel recoupe souvent celle de la pauvreté. Ainsi, les pays qui voient leur secteur informel se réduire, constatent également une baisse du nombre de leurs travailleurs pauvres - et vice-versa.
Exploiter les envois de fonds pour le développement en Afrique
Mar 4th 2013
Plus de 30 millions d’Africains (environs 3% de la population totale de l’Afrique) vivent en dehors de leur pays d’origine. Ce chiffre comprend les personnes vivant dans d’autre pays africains. Ces migrants africains envoient de l’argent à leurs familles en Afrique. Les envois de fonds par les émigrants africains jouent un rôle important en tant que source de financement et de change pour les ménages et les pays africains. Un rapport récemment publié par la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED) montre que les envois de fonds aux pays pauvres dans le monde, dont 33 pays africains, ont augmenté à 27 milliards de dollars en 2011, contre 3.5 milliards de dollars en 1990. Pour l’ensemble de l’Afrique, les envois de fonds ont plus que quadruplé depuis 1990 atteignant 40 milliards de dollars en 2010. Cela représente environ 3% du PIB total de l’Afrique. Globalement, le montant des envois de fonds ont atteint 300 milliards de dollars en 2010, dépassant les investissements direct étrangers et l’aide au développement réunis. L’estimation du chiffre pour l’Afrique pourrait être circonspect, compte tenu de la preuve de la sous-déclaration de certains transferts de fonds envoyés par des canaux informels. La comptabilisation des flux informels pourrait augmenter d’environ 50% le montant total des envois de fonds vers l’Afrique.
L’urbanisation en Afrique
Dec 13th 2012
L’urbanisation s’accentue de plus en plus dans les pays développés et dans les pays en voie de développement. La proportion de la population urbaine mondiale devrait augmenter d’environ 57% en 2050, contre 47% en 2000. Plus de 90% de la croissance démographique future sera représenté par les grandes villes des pays en voie de développement. Dans le monde en développement, l’Afrique a connu la plus forte croissance urbaine au cours des deux dernières décennies, a 3,5% par an, et ce taux de croissance devrait se maintenir en 2050. Les projections indiquent également qu’entre 2010 et 2025 certaines villes africaines représenteront jusqu’à 85% de la population. En 2010, la part de la population urbaine africaine était d’environ 36% et devrait augmenter respectivement à 50% et 60% en 2030 et 2050. Cette expansion rapide a altéré le paysage démographique du continent. Pourtant, l’urbanisation en Afrique n’a pas réussi à parvenir à une croissance inclusive qui, à son tour, a entrainé une prolifération des bidonvilles, la pauvreté urbaine et la montée des inégalités. Les villes africaines demeurent deuxième dans le monde en termes d’inégalité, avec un coefficient de Gini moyen d’environ 0,58, bien au-dessus de la moyenne de 0,4. L’exode rural et la croissance démographique dans les villes sont les principales cause de l’augmentation du taux de la croissance urbaine et la prolifération des bidonvilles en Afrique.
L’Afrique dans les 50 Prochaines Années
Oct 3rd 2012
Au cours des 50 dernières années, l'Afrique est passée, pour la plupart, d’États coloniaux, via une série apparemment sans fin des problèmes de développement, vers un continent en phase d'une transformation politique et économique majeur. Malgré les crises financières mondiales et alimentaire, l'Afrique a connu, particulièrement au cours de la dernière décennie, une croissance à un rythme sans précédent permettant de raviver un optimisme croissant du potentiel de l'Afrique. Sur tout le continent, il y a maintenant un plus grand sentiment de forger l'initiative et de tirer profit des nouvelles conditions afin de maximiser les avantages comparatifs du continent et apporter les changements structurels nécessaires à son économie.
Les Elections Démocratiques en Afrique – Opportunités et Risques
Apr 24th 2012
Les élections politiques libres et transparentes, qui permettent aux citoyens d’exprimer leur volonté et de participer à la gouvernance de leur pays, constituent une partie importante des institutions démocratiques solides. En outre, la gouvernance démocratique est essentielle pour favoriser la croissance économique et a été utilisé comme un baromètre pour évaluer la capacité d'un pays à gérer efficacement les ressources publiques et à assurer les droits de propriétés privées. En fait, les investisseurs internationaux utilisent, de plus en plus, l’état de gouvernance démocratique d’un pays pour évaluer l’impact des risques politiques sur leurs investissements.
Mthuli Ncube
Le Professeur Mthuli Ncube est l'Economiste en Chef et Vice-Président de la Banque africaine de développement, et détient un doctorat en finance mathématique de l'Université de Cambridge, Royaume-Uni, sur «Options de tarification sous volatilité stochastique".
