Intégration financière régionale et coordination monétaire dans la Zone monétaire de l’Afrique de l’Ouest et dans la Communauté de l’Afrique de l’Est

13oct.2014
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Par Calvin Manduna and Olumide Abimbola

Source: The Economist

La plupart des communautés économiques régionales africaines (CER) − et ailleurs dans le monde en développement − affichent de longue date leur ambition d’instaurer une intégration financière et une union monétaire régionales. Ainsi, fin 2013, les dirigeants de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) sont convenus d'établir une union monétaire d'ici à 10 ans. De même, les 15 membres de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) sont convenus d'une feuille de route pour instaurer une monnaie commune − sous le nom « Eco » − d'ici à 2020. L'Eco devrait être précédée de la Zone monétaire de l'Afrique de l'Ouest (ZMAO), qui est prête à être lancée en 2015, avec la création d'une banque centrale et d’une monnaie commune pour les six pays de la ZMAO (Gambie, Ghana, Guinée, Libéria, Nigeria et Sierra Leone). Le lancement de la ZMAO viendra compléter l’ensemble que constitue déjà l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), dont les huit membres partagent une monnaie commune, le franc CFA − arrimé à l'euro, il a un taux de change fixe (1 € = 655,957 francs CFA).

Les unions monétaires ont leurs avantages et un coût. En théorie, une union monétaire rend les activités de marché et l'emprunt plus pratiques et moins coûteux pour les pays membres. Cependant, elle entraîne aussi une certaine perte de souveraineté, liée à l’adoption d’une monnaie et d’une politique monétaire communes. Cela signifie que les pays ne peuvent imprimer plus d'argent quand ils le veulent ou utiliser des taux d'intérêt pour influencer leurs économies. Ces outils de politique monétaire deviennent alors l'apanage de la banque centrale régionale. La perte de recettes douanières liée à l'émergence d'un marché unique ou commun est un autre point négatif. En Afrique de l'Ouest, les recettes tarifaires peuvent représenter jusqu'à 40 % des recettes fiscales de certains pays.

Les recherches sur la viabilité des unions monétaires et les meilleurs moyens de parvenir à une union monétaire demeurent divisées. La crise de la zone euro, qui a commencé début 2009, met en lumière certains des problèmes que pose ce type de structure intégrée. Plusieurs études économiques ont conclu qu’une union monétaire serait bonne pour la région de la CEDEAO, mais la façon d'atteindre cet objectif ne fait pas l’unanimité. Certaines sont en faveur d'une transition rapide, pour minimiser la confusion et le risque que des pays ne se retirent avant que le processus ne soit achevé. D'autres préconisent une convergence plus progressive, pour éviter les chocs économiques - un point de vue défendu par le FMI, dans son récent avis à la CAE, l’invitant à procéder avec prudence.

Plongeant dans ce débat, le Département du NEPAD, de l’intégration régionale et du commerce (ONRI) de la Banque africaine de développement (BAD) a publié récemment une étude sur les défis de l'intégration financière régionale et de la coordination monétaire dans la zone monétaire ouest-africaine et la Communauté de l'Afrique de l'Est.

Calvin Manduna et Olumide Abimbola, qui alimentent ce blog dédié à l’intégration de l'Afrique, ont interviewé l'auteur de l’étude, Gabriel Mougani. Au menu de l’entretien : principaux objectifs et quelques-unes des conclusions majeures de l'étude.


Commentaires

Michel Aka - Côte d’Ivoire 23/10/2014 17:21
very interesting article highlighting the issues these countries may have to adress to integrate and coordinate their financial and monetary sectors.
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