L’assouplissement de la réglementation s’appliquant aux visas : un impératif pour accélérer le programme d’intégration de l’Afrique et libérer le potentiel économique du continent

17mai2016
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par Moono Mupotola

Alors que les dirigeants mondiaux arrivent à Kigali pour assister au Forum économique mondial pour l’Afrique, la libre circulation des personnes à travers le continent, l’une des principales priorités parmi les grandes orientations pour l’Afrique que comporte l’Agenda 2063, sera sans aucun doute au cœur des discussions qui y auront lieu.

L’appel à l’action lancé aux dirigeants africains, leur demandant instamment d’introduire un passeport africain et d’abroger les exigences en matière de visas pour tous les citoyens africains d’ici 2018, est une indication claire de la détermination à faire progresser le programme d’intégration régionale.

En effet, la récente publication de la première édition de l’Indice d’ouverture sur les visas en Afrique n’est qu’un des exemples convaincants de la façon dont nous transformons la vision des dirigeants africains en actions concrètes. L’Indice est encore un nouveau pas dans la bonne direction. La marche à suivre n’a jamais été aussi claire.

Le principal objectif du rapport consiste à faire avancer un programme de réforme de la politique des visas à l’échelle continentale qui simplifiera les procédures de demande de visas, encouragera l’adoption d’une réciprocité positive entre les pays africains et promouvra la mobilité des talents.

Les conclusions du rapport démontrent que les Africains ont toujours besoin de visas pour se rendre dans plus de la moitié des pays du continent. Heureusement, un certain nombre de pays, dont Maurice et le Rwanda, qui se situent parmi les 10 principaux pays les plus libres en matière de circulation des personnes, se mobilisent pour concrétiser le concept « Une seule Afrique ».

L’Indice d’ouverture sur les visas, qui vise à examiner les politiques relatives aux migrations et les règles en matière de visas d’entrée, indique clairement que l’Afrique est toujours fermée aux voyageurs africains. En moyenne, les Africains ont besoin de visas pour se rendre dans 55 % des autres pays africains, ils peuvent obtenir un visa à leur arrivée dans seulement 25 % des pays, et ils n’ont pas besoin d’un visa pour se rendre dans seulement 20 % des pays africains.

Ces restrictions affectent négativement les efforts que nous faisons en matière d’intégration en pénalisant le tourisme, les investissements et le commerce. Un paysage africain plus détendu à propos de la politique des visas pourrait contribuer à faire progresser notre vision commune d’un marché africain concurrentiel.

Pour la plupart d’entre nous, et en particulier pour les entrepreneurs africains, les jeunes et les hommes d’affaires, ne pas pouvoir voyager est tout simplement impensable. Si nous voulons vraiment encourager le commerce intra-africain, alors nous devons absolument œuvrer en faveur de l’ouverture en matière de visas.

Pourquoi est-il important de contrôler les niveaux d’ouverture/le caractère restrictif des règles s’appliquant aux visas en Afrique ? Essayons d’imaginer un continent offrant des opportunités et des possibilités sans fin, un continent où tous les Africains traversent les frontières sans aucune difficulté.

Le moment est venu pour l’Afrique de supprimer les obligations de visas et, ce faisant, de faciliter les mouvements de personnes et le commerce intra régional ainsi que les investissements.

Le moment est venu pour nous de renouveler notre engagement à construire un grand marché intégré permettant de doper la compétitivité et le commerce intra-africain, comme l’envisage l’Agenda 2063.

Le thème choisi pour la 26e édition de la FEM - Connecter les ressources de l’Afrique à travers la transformation numérique - confirme que les technologies de l’information et de  la communication (TIC) devraient être au centre du développement de notre continent. Cela peut se faire en concrétisant dans les faits les opportunités qu’offrent les TIC. De meilleures infrastructures TIC permettent d’améliorer les flux de communication et de production, qui se traduisent par un meilleur accès aux marchés et un développement socioéconomique accru.

L'avenir de l'Afrique est prometteur. L’Afrique est aujourd'hui considérée comme une nouvelle frontière de l’économique mondiale, une destination de choix pour de nombreux investisseurs à la recherche de marchés à forte croissance. En 2014, le PIB du continent a augmenté pour atteindre 3,9%, un taux plus élevé que le reste du monde ou la croissance se situe à 3,3%. Pour soutenir cette croissance, assurer une véritable distribution de la richesse à travers le continent et éradiquer les effets néfastes de la migration sur la jeunesse, l'Afrique doit être intégrée. L'Afrique doit profiter de ce contexte favorable qui peut stimuler le commerce, la croissance et la création d’emplois. Ceci est au cœur de la nouvelle vision de la Banque déclinée autour des cinq grandes priorités intitulées les Top 5, une feuille de route pour accélérer la mise en œuvre et l’impact sur le développement de la stratégie décennale de la Banque.

La mise en œuvre du volet Intégration de l’Afrique est déterminante dans la réalisation des cinq grandes priorités suivantes : éclairer et fournir de l’énergie à l’Afrique, nourrir l’Afrique, industrialiser l’Afrique, intégrer l’Afrique, et améliorer la qualité de vie des Africains. Ceci permettra de libérer le potentiel du continent pour qu’il devienne un marché intégré et plus compétitif.

Plus que jamais, les dirigeants africains reconnaissent aujourd’hui l’urgente nécessité d’accélérer l’intégration de l’Afrique. Mon souhait est qu’un jour les Africains puissent circuler librement et vivre sur un continent plus ouvert, plus prospère et réellement connecté.

Nous pouvons y parvenir.

Moono Mupotola est la directrice du Département du NEPAD, de l’intégration régionale et du Commerce à la Banque africaine de développement.


Commentaires

Gadema Quoquoi - Liberia 20/05/2016 16:00
INTEGRATION OF THE AFRICAN CONTINENT CAN START WITH AN AFRICA-WIDE, TELECOM NETWORK INFRASTRUCTURE.
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