Ebola : la nécessité d’une approche axée sur le genre

05sept.2014
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Par Geraldine Fraser-Moleketi, Special Envoy on Gender, AfDB

L’attention qu’ont portée ces derniers temps les médias au virus Ebola a montré que l’épidémie touchait davantage les femmes – 55 % à 60% des décès selon le Washington Post – et représentait une menace vis-à-vis des progrès en matière d’égalité des sexes au Libéria, en Sierra Leone et en Guinée.

De la même façon que les femmes sont plus affectées par la maladie – ce sont elles, le plus souvent, qui soignent l’entourage familial et elles composent la majorité du corps infirmier –, elles jouent aussi un rôle important dans le développement économique et social de ces pays.

Avec la perte d’autant de femmes dans cette crise, ceux-ci sont également en train de perdre un amortisseur de choc naturel qui les aurait aidés à se relever. Or, ainsi que l’a souligné le président Kaberuka, une autre menace plane, qui pourrait s’avérer plus catastrophique encore : celle d’une baisse de croissance du PIB de plus de 1 %.

En ce moment même, des femmes ne peuvent plus faire tourner leur commerce (elles représentent 70% des commerçants transfrontaliers au sein de l'Union du fleuve Mano), se déplacer ou accéder aux services de santé. Ces restrictions produisent un effet de cascade sur plusieurs domaines, notamment sur la santé, l’économie et la sécurité. Les restrictions de voyage dans les pays voisins ont entraîné de graves pertes économiques pour les femmes entrepreneures et le surpeuplement des marchés municipaux et locaux qui en découle aggrave le risque de contamination de ces femmes par le virus.

Nous devons réfléchir aux moyens de proposer une aide innovante aux mécanismes nationaux de promotion de l’égalité hommes-femmes, dans leur réponse à ce qui sera l’un des plus grands défis de cette décennie.

 

 


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