Hausse des prix alimentaires en Afrique de l’Ouest : il est urgent d’agir

18juil.2014
Share |

Par Emanuele Santi

Dans son dernier rapport semestriel, intitulé Perspectives de l’alimentation, sur les marchés alimentaires mondiaux, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) pointe une nouvelle hausse des prix de produits, tels que le blé, la viande et le riz. Cette nouvelle tendance inverse le mouvement de déclin qu’ont connu les prix internationaux des denrées alimentaires ces 10 derniers mois. Cette hausse est particulièrement flagrante pour les principales denrées dans la région : blé, riz, mil, sorgho et manioc.

Source: Banque mondiale, BAD.

Ces tendances s’avèrent inquiétantes pour la région, rendue encore plus vulnérable par les risques liés au changement climatique et aux conflits, et sa facture d’importations alimentaires, qui reste élevée. En effet, l’Afrique de l’Ouest importe des biens de consommation de base en grande quantité (40 % du riz consommé, notamment). Or le dernier bulletin d’informations du Réseau des systèmes d’alerte précoces pour la famine prévoit que les conditions de sécurité alimentaire vont se détériorer dans les mois à venir.

Le bulletin souligne également que les produits alimentaires affichent des prix élevés depuis un long moment déjà dans la région, qui risquent de le rester dans les zones pastorales et agro-pastorales du Sahel.

Les décideurs africains doivent prêter plus d’attention à ces tendances inquiétantes et prendre d’urgence des mesures. Améliorer la productivité de l’agriculture figurerait en tête de ces mesures ; il faut, en outre, remédier à la vulnérabilité de la région, en partie grâce à davantage d’intégration régionale.

Un bon exemple nous vient de l’intérieur même de l’Afrique de l’Ouest : le rapport de la FAO évoqué ici suggère notamment que les flux commerciaux intra-régionaux, devenus plus importants en Afrique de l’Ouest, ont atténué les effets d’une production agricole réduite dans certains pays du Sahel, tandis que la hausse de l’offre des pays côtiers a permis d’endiguer les prix des céréales, restés sous contrôle.


Commentaires

Pas de commentaires

*
*
* CAPTCHA
*
 

Subscribe