La transparence au cœur de la croissance et de la prospérité de l’Afrique

08oct.2014
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Par Donald Kaberuka

Aujourd’hui, Publish what you fund (« Publiez ce que vous financez », ndlr) lance son Aid Transparency Index (ATI – indice de transparence de l’aide) annuel, à Washington D.C. L’ATI est à ce jour la seule mesure mondiale de la transparence de l’aide auprès des plus grands donateurs au monde. Je suis une nouvelle fois ravi de constater que la Banque africaine de développement a obtenu de bons résultats, qu’elle occupe la huitième place parmi les 68 organisations qui ont été évaluées et qu’elle a gagné plus de 10 points de pourcentage par rapport à l’an dernier.

Pour nous, la transparence représente une priorité majeure et nous avons consacré beaucoup d’efforts à nous assurer que nous intégrons les principes de transparence dans nos méthodes de travail.

En 2013, nous avons lancé notre nouvelle politique de divulgation, qui promeut davantage de transparence dans notre travail. Elle s’appuie sur les principes de bonne gouvernance, notamment la transparence, l’obligation de rendre des comptes et le partage d’informations sur nos activités. Ces principes sous-tendent notre stratégie décennale en faveur d’une croissance économique inclusive sur l’ensemble du continent.

Notre décision de rendre publiques nos informations à travers l’Initiative internationale pour la transparence de l’aide (IATI) témoigne de cet engagement. Les données que nous publions couvrent un vaste éventail d’informations quant aux projets de la Banque dans les secteurs public et privé. Nous sommes fiers d’avoir été la toute première banque de développement multilatérale au monde à fournir des données sur le secteur privé et des informations géographiques précises par le biais de l’IATI.

Mais pourquoi investir dans la transparence ? Viser la croissance et la prospérité en Afrique passe par une gouvernance et une gestion économique de qualité. Sans informations complètes, accessibles et rapides concernant l’aide, les gouvernements ne peuvent pas prendre en charge leur propre développement. Quant aux parties prenantes, celles-ci ne disposent pas des informations dont elles ont besoin pour assurer un suivi des dépenses et atteindre des résultats en matière de développement. Des informations de mauvaise qualité compromettent la capacité des pays à intégrer l’aide dans leurs processus de planification, de budgétisation et d’établissement de rapports, et elles entravent l’appropriation et la redevabilité sur le plan national.

Pour renforcer les capacités de l’Afrique et veiller à ce que la génération actuelle et les générations futures jouissent de toutes les retombées de la croissance, il faut gérer le développement de manière durable.

C’est la raison pour laquelle, en 2011, lors du Forum de haut niveau sur l’efficacité de l’aide à Busan, avec d’autres partenaires de développement, nous avons accepté de mettre en œuvre l’IATI. Nous nous sommes engagés à le faire d’ici à 2015 et nous sommes en train d’accomplir des progrès importants.

L’IATI est à ce point important, notamment du fait que les données sont fournies dans un format standard et comparable. La production de données ainsi standardisées est cruciale. Cela signifie qu’il est possible d’harmoniser les informations, non seulement avec d’autres données sur l’aide, mais aussi avec les celles issues d’autres secteurs d’activités économiques.

Pouvoir relier différents ensembles de données est essentiel si nous voulons réellement tirer parti de la transparence et esquisser un tableau plus complet et actualisé des différents flux de ressources. Le Panel de haut niveau des Nations unies sur le Programme de développement post-2015 ne demandait pas moins qu’une révolution des données. Cette révolution des données doit nécessairement englober le regroupement de différents ensembles de données et la garantie qu’ils sont standardisés pour que nous puissions exploiter pleinement le potentiel de l’“open data”.

Ce que nous avons accompli jusqu’ici n’a pas été simple.

Notre objectif consiste à s’assurer que la transparence n’est pas simplement un leitmotiv, mais qu’elle est réellement intégrée dans les méthodes de travail de la Banque. Nous avons fait beaucoup d’efforts pour améliorer la qualité des informations que nous publions et la manière dont nous les présentons – non seulement pour notre propre transparence et pour nos objectifs en matière de redevabilité, mais aussi pour que d’autres puissent utiliser les informations pour éclairer leur propre travail.

Un exemple parmi tant d’autres : cette année, lors de nos assemblées annuelles, nous avons lancé l’initiative MapAfrica – un nouvel outil en ligne qui géolocalise tous nos projets sur une carte. Chacun peut ainsi voir où nous créons des opportunités économiques pour les populations d’Afrique et ce que nous faisons pour y parvenir. Par exemple, il est possible de découvrir comment nous aidons l’Afrique à satisfaire ses besoins énergétiques et où nous construisons des routes.

Nous travaillons actuellement au développement d’un outil de retour d’information, qui permettra aux parties prenantes de donner leur avis sur le travail que nous accomplissons. Il ne s’agit là que de l’une des méthodes que nous utilisons pour ouvrir nos informations, afin de pouvoir améliorer l’efficacité de nos activités et d’en tirer des enseignements.

L’an dernier, nous avons lancé un nouveau Cadre de mesure des résultats, conçu pour soutenir notre Stratégie décennale pour la période de 2013 à 2022, en nous permettant de mieux mesurer notre impact. Et, chaque année, nous publions nos résultats dans notre Revue annuelle sur l’efficacité du développement. En rassemblant les éléments qui démontrent nos atouts et nos faiblesses, nous apprenons ce qui fonctionne et nous nous efforçons d’optimiser encore notre efficacité.

Néanmoins, il ne faut pas croire qu’une transparence accrue est le remède miracle. Il s’agit d’un moyen d’atteindre un but, à savoir une utilisation plus efficace des ressources publiques et, en fin de compte, d’assurer une plus grande redevabilité envers les personnes à qui nous fournissions nos services.

C’est un domaine nous pouvons vraiment accomplir des progrès concrets. L’IATI dispose assurément de capacités à même de transformer la manière de gérer l’aide, et il est impératif que nous poursuivions notre travail pour honorer nos engagements au cours des 15 prochains mois et au-delà.

Nous devons tous nous investir dans ce programme, car investir dans de meilleures informations revient à investir dans un meilleur développement.

Cette publication figurait initialement ici dans le blog du Partenariat mondial sur une coopération efficace au service du développement.


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