Les violences faites aux femmes sont un affront à la dignité humaine

24nov.2014
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by Donald Kaberuka

Âgée de 50 ans, veuve et mère de quatre enfants, Idah Chilufya vit dans la région des Grands Lacs. Franchissant la frontière pour vendre ses deux caisses de tomates et ainsi gagner sa vie, elle est chaque jour en butte aux risques d’intimidation, de vol et d’agression sexuelle.

Les violences contre les femmes doivent cesser. Je l’ai déjà dit : les violences commises contre les femmes sont des violences commises contre nous tous. C’est un affront à la dignité humaine. Et cela se produit dans notre entourage. De récentes études montrent que plus de 45 % des femmes africaines sont victimes de violences sexuelles, c’est 10 % de plus que la moyenne mondiale. Cette dure réalité couvre différents types d’abus : du recours au viol comme arme de guerre aux mutilations génitales féminines, en passant par les mariages précoces et les attaques subies par les écolières.

Ce problème est donc notre problème. Et nous devons agir. La Banque africaine de développement investit dans le capital humain. Or les violences à l’encontre des femmes et des filles détruisent la moitié de ce qui est pourtant l’atout majeur de l’Afrique : sa population. L’on ne pourra mesurer l’efficacité de notre Stratégie décennale pour transformer notre continent qu’à l’aune des changements apportés dans la vie de chacune des femmes et des filles africaines. Celles-ci doivent prendre une part active dans notre croissance et réaliser leur plein potentiel, sans subir de violence. Elles doivent être aidées dans les situations de crise, dont elles sont les premières victimes. Ainsi, s’agissant de l’épidémie d’Ébola, nous devons faire en sorte que les femmes reprennent vite une vie normale, pour elles comme pour leurs communautés, afin qu’elles puissent jouer un rôle dans l’ouverture au commerce de l’Afrique.

Les projets que la Banque a mis en place avec ses partenaires portent leurs fruits. S’agissant d’Idah Chilufya, celle-ci est désormais passée dans le secteur formel, comme 1 000 autres femmes qui s’adonnent au commerce transfrontalier. Devenue membre d’une association de commerçants qui lui offre une protection sociale, elle développe son activité grâce à notre programme de formation et de soutien. Voilà pourquoi notre Stratégie en matière de genre se concentre sur l’autonomisation économique, le renforcement des connaissances et des capacités, le statut juridique des femmes et leurs droits à la propriété : elle ouvre des perspectives aux femmes à travers toute l’Afrique.

L’envoyée spéciale de la Banque pour les questions de genre est le chef de file de notre appel déterminé à agir, chargée dans le même temps du suivi de nos prestations, et s’assure que nous rendons compte de ce que nous faisons. Avec nos pays membres régionaux, nos partenaires issus du monde de l’entreprise et de la société civile, nous œuvrons à mettre un terme aux violences faites aux femmes sur le continent et dans nos communautés.

Cette année, en gage de solidarité avec l’initiative « 16 jours pour peindre le monde en orange » de la campagne « Tous UNiS pour mettre fin aux violences contre les femmes », nos bureaux et notre présence en ligne prendront une teinte orange pendant cette période, pour incarner la couleur d’horizons nouveaux.

Pour reprendre les mots de Graça Machel, « les femmes représentent le savoir, l’expertise, le talent et une énergie formidable. Elles doivent occuper le devant de la scène pour influencer les processus et les décisions qui sont en train de façonner les systèmes économique et financier mondiaux ». La Banque africaine de développement œuvre à l’émancipation des femmes et des filles, afin qu’elles participent, à parts égales avec les hommes et garçons du continent, à la paix et à la prospérité. Il en va de notre responsabilité commune, aujourd’hui comme pour l’Afrique de demain.

 

Catégories: Genre


Commentaires

SEKA ATHANASE SEKA - 07/07/2015 14:40
Les violences faites aux femmes restent un véritable défi face auquel nous devons fusionner toutes nos forces pour parvenir à les réduire de moitié.À mon niveau,j'essaie tout de même d'amener les couples,certains ex-Combattants à y mettre un terme et recourir au dialogue comme la seule et unique voie de règlement pacifique de certains problèmes.La BAD qui est un bien commun à tous doit impliquer tous les chefs d'Etats et leur gouvernement dans la lutte contre ce fléau.
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