Consultation en ligne sur la stratégie d’intégration régionale du Groupe de la BAD - Partagez votre opinion!

Contexte

Le Groupe de la Banque africaine de développement est en train d’élaborer une nouvelle Stratégie d’intégration régionale (SIR) qui remplacera la stratégie d’intégration régionale précédente, dont la validité a expiré en 2013. Cette stratégie sera alliée à une politique de coopération économique et d’intégration régionale, car la politique en cours, élaborée en 2000, a besoin d’être actualisée. La SIR orientera les travaux de la Banque en matière d’intégration régionale pendant les dix années à venir (2014-2023). Elle sera rattachée à la stratégie décennale du Groupe de la Banque, qui réaffirme la mission de la Banque concernant la promotion de l’intégration régionale en Afrique en plaçant l’intégration régionale parmi les cinq grandes priorités opérationnelles pour la décennie 2013-2022. Les autres grandes priorités opérationnelles sont le développement des infrastructures, le développement du secteur privé, la gouvernance et la responsabilisation, et le développement des compétences et des technologies.

Plusieurs nouvelles stratégies thématiques présentant un intérêt pour l’intégration régionale ont également été élaborées, et il convient de les refléter dans la démarche de la Banque en matière d’intégration régionale. À l’échelle du continent, les chefs d’État ont adopté le programme d’intensification du commerce intra-africain dans le cadre du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), en exhortant l’ensemble des partenaires du développement et des parties prenantes à contribuer à sa mise en application. De plus, en janvier 2012, l’Union africaine a approuvé le Programme pour le développement des infrastructures en Afrique (PIDA), en appelant les États membres à soutenir sa mise en œuvre. Par conséquent, la SIR servira aussi bien à mettre en application la stratégie décennale qu’à orienter le soutien de la Banque aux pays membres régionaux et aux communautés économiques régionales (CER) dans le domaine de la mise en œuvre des programmes régionaux d’infrastructures et de l’intensification du commerce intra-africain. La SIR fournira également des conseils pour la formulation des documents de stratégie d’intégration régionale, outils de programmation de la Banque, qui viendront à expiration en 2015. En outre, plusieurs communautés économiques régionales sont également en train d’adopter de nouvelles stratégies pour relever leurs défis, et elles comptent sur des organisations telles que la Banque pour le maintien d’une assistance financière et technique. Enfin, à l’échelle mondiale, de nombreuses initiatives – telles que l’Accord sur la facilitation des échanges de l’Organisation mondiale du commerce conclu et adopté à Bali en décembre 2013 – sont le signe d’un intérêt international accru en faveur d’une plus grande intégration mondiale des pays en développement. L’élaboration de la SIR est donc opportune.

Processus consultatif

La formulation de la Stratégie d’intégration régionale (SIR) est dirigée par ONRI, le Département de la BAD en charge de l’intégration régionale et du commerce pour le compte du NEPAD, avec une participation active de l’ensemble de la Banque. Le département consulte actuellement un large éventail de parties prenantes au sujet de la SIR. Le projet de document a déjà bénéficié d’un certain nombre d’évaluations internes, notamment par des points focaux au niveau du département et de la Banque en général. Les évaluations internes vont se poursuivre tout au long de la formulation de la stratégie. Par ailleurs, des consultations préliminaires au sujet de la SIR ont eu lieu avec un large éventail de groupes de réflexion éminents, en marge de la Conférence économique africaine tenue à Johannesburg en octobre 2013. Des consultations formelles avec des parties prenantes externes sont prévues avec toutes les CER reconnues par l’Union africaine, avec la Commission de l’Union africaine, l’Agence de planification et de coordination du NEPAD, la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, ainsi qu’avec des institutions régionales sélectionnées et spécialisées du secteur privé, telles que les organismes de logistique le long des corridors et les conseils d’entreprises régionaux. Un atelier de validation avec une large participation de parties prenantes est également prévu.

Votre participation

Nous souhaiterions connaître votre avis, notamment sur les questions ci-dessous :

  • L’investissement dans les infrastructures régionales

L’insuffisance des infrastructures est l’une des entraves les plus contraignantes à la croissance et à la compétitivité de l’Afrique. À l’heure actuelle, le caractère aléatoire de la distribution d’électricité ralentit la production ; le manque de routes en bon état et la pénurie de ports bien développés ralentissent la livraison régulière et ponctuelle des produits ; et l’accès obsolète, insuffisant et coûteux aux technologies de l’information et de la communication limite l’intégration du continent dans le marché mondial, et sa compétitivité sur ce marché. S’attaquer à ces questions par le biais du développement des infrastructures dans une optique d’intégration régionale permettra à l’Afrique de se constituer de vastes marchés concurrentiels qui remplaceront les marchés actuels, qui sont petits, isolés et inefficaces.

Q : Par quels moyens la Banque peut-elle soutenir et faciliter au mieux les investissements dans les infrastructures régionales ?

  • L’amélioration de la gouvernance et de la politique entourant l’intégration

L’interconnexion physique ne suffira pas, à elle seule, à créer une intégration efficace. Les aspects « non physiques » de l’intégration régionale doivent également être abordés, en particulier dans le domaine du commerce des biens et des services. Au cours de la dernière décennie, la croissance des échanges de l’Afrique a dépassé la moyenne mondiale. Cependant, cette croissance a été alimentée en grande partie par l’accroissement de la demande mondiale en produits de base et par la remontée des cours après un creux dans les premières années de la décennie. Au sein du continent, le niveau des échanges intra-africains reste faible en comparaison avec d’autres régions du monde. L’Afrique a le plus faible degré d’intégration du marché des sept régions du monde, le commerce intra-africain représentant seulement 16 % du volume total des échanges. Les produits manufacturés constituent près de la moitié des exportations intra-africaines tandis qu’ils ne représentent qu’un cinquième des exportations de l’Afrique vers le reste du monde. Les combustibles et les produits miniers constituent 68 % des exportations de l’Afrique vers le marché mondial, alors que ces biens ne représentent qu’un tiers environ des exportations intra-africaines.

Q : Comment la Banque devrait-elle aborder les aspects non techniques de l’intégration et de la coopération, et que devrait-elle faire différemment ?

  • Un soutien ciblé pour une mise en œuvre efficace

Le cadre des politiques de l’Afrique à l’échelle régionale et continentale est fondamentalement solide. Cependant, ces politiques n’ont pas été traduites dans les législations nationales de façon complète et systématique, malgré la signature et la ratification de traités. Et lorsque ces politiques apparaissent effectivement dans une législation nationale, trop souvent elles ne sont pas appliquées. Un examen approfondi de plus d’une vingtaine de projets régionaux et de programmes de développement a révélé que c’est le manque d’alignement et d’harmonisation des politiques, et pas seulement l’insuffisance des financements, qui constitue le principal frein à l’efficacité. Dans de nombreux cas, cette inefficacité coûte à l’Afrique des milliards de dollars – dont l’Afrique a besoin pour combler le déficit du financement de son développement dans plusieurs secteurs. 

Q : Quel rôle devrait jouer la Banque pour aider les pays à participer efficacement à l’intégration régionale et pour aider les CER et les organismes spécialisés à mieux mettre en œuvre le programme d’intégration régionale ?

  • L’amélioration de la capacité de production

Dans la prochaine décennie, l’occasion s’offre à l’Afrique de créer des millions d’emplois dans le secteur privé, des emplois nouveaux et décents (productifs, bien payés et sûrs) qui pourraient ouvrir la voie à un développement social et économique durable. Pour que le secteur privé puisse prospérer et contribuer à la réduction de la pauvreté en créant des emplois en quantité suffisante, plusieurs conditions minimales doivent être réunies, à savoir : le maintien de l’État de droit, de bonnes infrastructures physiques et non physiques, un environnement macroéconomique stable, une main d’œuvre instruite, qualifiée et en bonne santé, et l’accès aux services financiers. De plus, l’approfondissement des marchés financiers, l’élargissement de l’accès à l’enseignement supérieur et la formation professionnelle sont une condition essentielle à la compétitivité des produits et des services du secteur privé africain à l’échelle mondiale, qui elle-même entraînera une augmentation importante de la capacité de production et alimentera les échanges intra-africains tout comme les échanges multilatéraux.

Q : Comment les interventions de la Banque en matière d’intégration régionale devraient-elles soutenir le secteur privé, afin d’intensifier la capacité de production de l’Afrique et la création d’emplois ?

  • La stabilisation des régions fragiles

Les situations fragiles et les conflits ne coïncident pas toujours avec les frontières nationales. Ce phénomène va au-delà de la notion de débordement d’un conflit national par le biais des réfugiés par exemple ; il va jusqu’à impacter les divisions ethniques, géographiques et historiques à l’échelle de certaines régions. On peut citer, à titre d’exemple, la corne de l’Afrique, la région des Grands Lacs et le Sahel. Des programmes régionaux bien conçus peuvent aider à remédier aux causes de fragilité qui existent dans plusieurs pays limitrophes.

Q : Quel est le meilleur soutien que la Banque devrait apporter aux régions fragiles ?

  • La fourniture de biens publics régionaux (BPR) sélectionnés 

Les biens publics régionaux (BPR) sont des biens, des services ou des ressources dont les avantages et/ou les coûts sont partagés par les pays voisins ou par un groupe de pays d’une région donnée (attributs transnationaux). Les avantages des BPR purs sont « l’absence de rivalité » (en ce sens que la consommation d’un pays donné ne diminue pas le montant disponible pour les autres pays) et « l’absence d’exclusion » (aucun pays de la région ne peut être exclu du bénéfice de tels avantages, sauf à un coût prohibitif). 

Q : Quels types de BPR la Banque devrait-elle s’efforcer de fournir et comment devrait-elle procéder ?