Perspectives économiques au Cameroun

  • Le Cameroun a enregistré une croissance alerte de 5.7 % en 2015, tirée principalement par le secteur secondaire.
  • Dans le contexte actuel de baisse des cours pétroliers, le pays doit rationnaliser les investissements publics et améliorer l’efficacité de ses dépenses.
  • L’urbanisation a eu un impact positif sur la réduction de la pauvreté, mais des politiques plus volontaristes sont nécessaires pour atténuer les inégalités et les déséquilibres.

L’économie camerounaise, moteur de la Communauté économique et monétaire des États de l’Afrique centrale (CEMAC), a continué en 2015 à faire preuve de résilience dans un contexte économique mondial peu favorable (stagnation dans les pays de l’OCDE, décélération de la croissance en Chine et dans plusieurs pays émergents, baisse des cours du pétrole et des recettes d’exportations du pays). La région, de son côté, est confrontée à la persistance de poches d’insécurité aux frontières du nord et de l’est, du fait de la menace du groupe Boko Haram et de la crise en République centrafricaine (RCA). La croissance camerounaise s’est consolidée en 2015 au rythme de 5.7 %, tirée principalement par le secteur secondaire qui a crû de 8.4 %. Le secteur tertiaire a connu une croissance de 5 %, et le secteur primaire de 4.9 %. La production de pétrole, dont le pays est un exportateur net, a connu une hausse exceptionnelle de 28.3 % avec la mise en exploitation de nouveaux champs. Le secteur des bâtiments et travaux publics (BTP) s’est également accru, au rythme de 7.3 %.

La politique budgétaire a conservé un caractère modérément expansionniste en phase avec la poursuite des grands projets d’infrastructures. La loi de finances 2015, à l’instar de celles de 2013 et 2014, a été élaborée et mise en œuvre selon la méthode des budgets-programmes. La politique monétaire a visé de son côté à stabiliser les prix et le taux de change effectif réel, en évitant tout effet d’éviction de l’investissement privé par les dépenses publiques. L’inflation s’est montée à 2.7 % en 2015, en hausse de 0.8 point, en raison de la hausse des prix des carburants à la pompe, elle-même consécutive à la réduction de 40 % des subventions aux produits pétroliers opérée en juillet 2014. L’inflation reste cependant en deçà du seuil de convergence fixé à 3 % en zone CEMAC.