Perspectives économiques en Centrafrique

  • La reprise économique entamée en 2014 s’est poursuivie en 2015, avant d’être interrompue par la résurgence de la crise sécuritaire et politique, avec pour conséquence de porter le taux de croissance du PIB réel à 4.1 % contre une prévision initiale de 5.5 %.
  • Après l’organisation des élections présidentielles et législatives ayant permis d’achever le processus de transition politique, l’ancien Premier ministre, Faustin-Archange Touadéra, a été élu président de la République à l’issue du second tour du scrutin.
  • Le déplacement massif des populations, consécutif au déclenchement de la crise en mars 2013, a accentué les défis liés à l’urbanisation et à l’aménagement territorial.

La reprise de l’activité économique, entamée en 2014, s’est confirmée au cours des neuf premiers mois de l’année 2015. Sa dynamique a cependant été interrompue par la résurgence des violences intercommunautaires à la fin du mois de septembre. En raison de la dégradation de la situation sécuritaire, le taux de croissance du PIB réel s’est limité à environ 4.1 % en 2015, contre un objectif initial de 5.5 %. Il a cependant augmenté par rapport à celui de 2014, alors de 1.0 %. La plupart des activités économiques ont connu une progression par rapport à 2014, même si la performance du secteur extérieur a continué à souffrir de la suspension du pays du processus de Kimberley. Cette mesure implique en effet l’interdiction de l’exportation des diamants, en dépit de la levée partielle des restrictions intervenue en juillet 2015. Malgré ce contexte difficile, la gestion des finances publiques s’est significativement améliorée, grâce notamment aux efforts importants déployés par les autorités de la transition et à l’appui des partenaires techniques et financiers (PTF). La plupart des objectifs quantitatifs du plan budgétaire ont ainsi été atteints, avec un retour progressif à la procédure normale d’exécution de la dépense publique et une amélioration de la transparence dans la gestion des ressources publiques.

L’organisation des scrutins présidentiel et législatif a marqué l’année 2015, en particulier l’élection à la tête du pays de Faustin-Archange Touadéra, ancien Premier ministre sous la présidence de François Bozizé. L’organisation de votes, malgré une situation sécuritaire volatile et un contexte politique incertain, permet de mettre un terme au processus de transition politique engagé depuis trois ans. Ces élections ont été précédées par la tenue du Forum de Bangui en juin 2015, sanctionné par la signature du Pacte républicain pour la paix, la réconciliation nationale et la reconstruction de la République centrafricaine (RCA), et par l’adoption d’une nouvelle Constitution en novembre 2015. Sur le plan social et humanitaire, les conditions globales ont été relativement stables une partie de l’année 2015, avant de fortement se dégrader sous l’effet de nouvelles violences communautaires qui ont fait de nombreuses victimes et grossi le nombre des personnes déplacées à l’intérieur et à l’extérieur du pays.

La situation urbaine de la RCA a été fortement affectée par la crise politico-sécuritaire, qui a notamment détérioré les perspectives de développement des villes. Une étude est entreprise pour élaborer un nouveau plan d’aménagement et d’urbanisme de la ville de Bangui, en vue notamment de structurer son urbanisation galopante et de mettre en place un cadre d’habitation sain.