Perspectives économiques au Tchad

  • La croissance économique pourrait atteindre 4.1 % en 2015 et n’être que de 2.6 % en 2016 en raison de l’effondrement des prix du pétrole et de la forte baisse des revenus d’exportations.
  • La nécessité de préserver les équilibres internes et externes en 2016 rend indispensable la poursuite de la consolidation budgétaire dans un contexte marqué par de nombreux défis, qu’ils soient financiers, sociaux, sécuritaires ou humanitaires.
  • Les efforts en vue d’une transformation structurelle de l’économie passent entre autres par une stratégie intégrée de développement des centres urbains, à travers notamment l’aménagement du territoire, la promotion des logements décents et l’accès équitable aux services sociaux.

L’économie tchadienne, particulièrement tributaire de l’activité pétrolière, devrait connaître une forte contraction de son activité en 2016. Après avoir atteint 6.3 % en 2014, le taux de croissance du PIB pourrait se situer à 4.1 % en 2015 et descendre à 2.6 % en 2016, en raison essentiellement de la chute des cours du pétrole sur les marchés internationaux. Cette forte baisse pourrait se traduire par une réduction importante du niveau des investissements publics – notamment dans le secteur extractif – et par une compression de la demande intérieure en 2016 et 2017. Les contre-performances enregistrées dans le domaine agricole devraient amplifier cette situation conjoncturelle défavorable. Ce secteur important de l’économie a souffert d’une pluviométrie défavorable en 2015, ce qui a entraîné un net recul de la production céréalière, estimé par le gouvernement à près de 12 %. La capacité de l’État tchadien à mener à terme ses différents programmes d’investissements publics dans le cadre de la mise en œuvre de sa politique d’émergence économique est fortement mise au défi. Les dépenses budgétaires importantes engagées pour faire face aux menaces et aux exactions de la secte terroriste de Boko Haram et des mouvements djihadistes en 2015 ont également affecté le climat conjoncturel du pays. Le taux d’inflation de 1.7 % en 2014 pourrait se situer en 2015 au-delà de la norme communautaire fixée à 3.0 % pour la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (zone CEMAC), et atteindre 4.0 %, pour ensuite redescendre à 2.6 % en 2016. Les perturbations relevées sur les circuits d’approvisionnement et d’exportation du pays, liées au contexte sécuritaire, en sont les principales raisons. La préservation des acquis au plan économique, notamment les effets bénéfiques de l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) fin avril 2015, rend désormais indispensable une gestion prudente de l’endettement au regard de la forte volatilité actuelle des cours du pétrole.

La transformation structurelle du pays, qui demeure l’un des objectifs majeurs du gouvernement en vue de son émergence économique, se heurte à de nombreux freins en la matière, dont l’organisation inefficace des espaces urbains. Une meilleure inclusion spatiale permettrait à ces derniers de devenir de véritables centres de production et de contribuer ainsi à la création d’emplois, au renforcement de la cohésion sociale du pays et à la résilience de son économie.