Perspectives économiques au Congo

  • Après le rebond à environ 6.0 % en 2014, la croissance a chuté à 1.2 % en 2015 et devrait atteindre 4.2 % en 2016, mais les perspectives économiques restent tributaires de la persistance des faibles cours du pétrole.
  • Le rythme et la portée des réformes structurelles et de la diversification économique sont encore insuffisants pour permettre une amélioration significative des indicateurs sociaux du pays et l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).
  • Malgré un grand potentiel, le secteur urbain n’est pas encore la force motrice de la transformation structurelle de l’économie ; la stratégie nationale urbaine reste à développer pour faire face aux enjeux de l’urbanisation rapide.

La croissance a fléchi à 1.2 % en 2015, contre 6.0 % en 2014. Il y a deux raisons à cela : la baisse marquée des cours du pétrole, ressource qui représente 60 % du produit intérieur brut (PIB), et le ralentissement de la croissance du secteur non pétrolier induit par la baisse des investissements publics. L’inflation est restée globalement stable, autour de 0.9 %. Malgré le resserrement de la politique budgétaire face à la diminution des recettes publiques, le déficit primaire a atteint 9.3 % du PIB en 2015. Le déficit du compte courant, lui, s’est dégradé avec la baisse des cours du pétrole, passant de 2.6 % du PIB en 2014 à 14.5 % en 2015. La croissance devrait atteindre 4.2 % en 2016 et 4.7 % en 2017, tirée par une hausse de la production pétrolière grâce à l’exploitation de nouveaux puits et le dynamisme des secteurs des transports et de l’agriculture. Cependant, la volatilité des prix du pétrole pourrait affaiblir ces perspectives.

L’indice de développement humain est passé de 0.564 en 2013 à 0.591 en 2014, mais les indicateurs sociaux du Congo restent inférieurs à ceux du groupe des pays africains ayant un niveau de revenu similaire. Bien que l’incidence de la pauvreté ait baissé de 50.7 % en 2005 à 40.9 % en 2011, elle reste supérieure à la moyenne des pays à revenu intermédiaire. Par ailleurs, le chômage affecte une part importante de la population active, notamment 30 % des jeunes de 15 à 29 ans. En cause : la nature capitalistique du secteur pétrolier et la faiblesse du secteur privé hors pétrole. L’amélioration significative des indicateurs sociaux constitue un enjeu important pour le pays. Elle nécessitera une croissance plus forte et inclusive, ainsi que l’accélération des réformes structurelles et de diversification économique. Relever ce défi est une urgence, surtout au regard de l’urbanisation rapide du pays.

Le Congo figure parmi les pays les plus urbanisés de l’Afrique, avec plus des deux tiers de la population résidant en milieu urbain. La concentration des services publics et des activités économiques dans les deux principales villes du pays – Brazzaville et Pointe-Noire – constitue le principal moteur de l’urbanisation. L’économie urbaine contribue à hauteur de 80 % à la formation du PIB, provenant principalement de la production pétrolière réalisée à Pointe-Noire et des activités administratives et services concentrés à Brazzaville. Malgré un grand potentiel économique, le secteur urbain ne s’est pas développé pour devenir la force motrice de l’économie. Il se heurte en effet à d’importants obstacles : i) l’accès insuffisant aux services sociaux de base pour une population en croissance ; ii) le manque d’infrastructures qui a des conséquences négatives sur la mobilité urbaine ; iii) l’urbanisation non planifiée ; iv) le chômage élevé dans les zones urbaines, estimé à 16 % ; et v) le financement inadéquat des villes. Pour relever ces défis, le gouvernement agit dans le cadre du Plan national de développement (PND) 2012-16. Il a ainsi augmenté son financement pour le secteur urbain à travers la politique de municipalisation accélérée, qui vise à construire de grandes infrastructures socio-administratives dans les villes. Cependant, beaucoup reste encore à faire. Les autorités devront prendre en charge les défis urbains en adoptant une stratégie nationale de développement urbain qui reste à formuler, et en finalisant les schémas d’aménagement des villes en cours d’élaboration.