Perspectives économiques en Guinée Equatoriale

  • Le PIB s’étant contracté de -10.2 % en 2015, en raison de la chute du prix du pétrole, les dernières estimations prévoient une récession de -8 % pour l’année 2016.
  • Le gouvernement, conscient des déséquilibres financiers, a pris d’importantes mesures en mai 2015 pour réduire de moitié l’investissement public et de manière drastique les coûts de fonctionnement de l’État.
  • Dans un contexte de forte dépendance à l’égard des hydrocarbures, les recettes pétrolières ont permis de réaliser les changements structurels de ces 15 dernières années, avec une politique de l’habitat qui s’est soldée par la construction de logements ainsi qu’un meilleur accès à l’eau et l’électricité.

La Guinée équatoriale fait face à une récession, provoquée par la chute du cours du pétrole depuis juillet 2014. La production de pétrole et de gaz est tombée à environ 165 000 barils par jour en 2015, une baisse d’environ 10 % par rapport à 2014. L’économie non pétrolière, bien qu’en croissance relative par rapport au reste de l’économie, se trouve en décroissance. Évaluée à -10.2 % en 2015, la récession devrait se poursuivre jusqu’en 2020, en raison des perspectives défavorables d’évolution du cours du pétrole brut. Difficiles à quantifier, les arriérés intérieurs accumulés par l’État, en lien avec les investissements publics, réduisent l’espace budgétaire et affectent la croissance de l’économie hors pétrole.

En raison de l’importance des hydrocarbures (90 % du PIB, 87 % des recettes fiscales et 89 % des exportations), la chute des cours du pétrole s’est répercutée sur les dépenses d’investissement public, moteur de la croissance. Ces dernières, avec 1 951 milliards de francs CFA (XAF) en 2015, représentent 86 % du total des dépenses publiques. La Loi de finances rectificative de mai 2015 ayant tablé sur un baril à 40 dollars américains (USD), la baisse continue du prix du pétrole, proche de 30 USD par baril en janvier 2016, risque d’exacerber les tensions budgétaires. Des mesures importantes ont été annoncées pour optimiser les recettes, par le biais d’une réforme de la fiscalité et la réduction des exonérations. De même, les dépenses sont réduites, via la maîtrise des coûts de fonctionnement de l’État. Par ailleurs, les autorités ont manifesté leur volonté de revenir à des budgets équilibrés dans les prochaines années, en accord avec la deuxième phase du Programme national de développement économique et social (PNDES) 2013-17, qui prévoit moins d’investissements publics.

La politique volontariste en matière d’urbanisation et d’amélioration de l’habitat reste ambitieuse. La ville nouvelle de Djibloho, dans le centre de la partie continentale du pays, sera achevée dans le cadre de la politique de regroupement des populations dans les principales villes – Malabo, Bata, Mongomo, Ebebiyin, Evinayong et Luba. Les schémas directeurs routiers, d’habitat et d’infrastructures sociales ont été conçus dans une optique complémentaire, afin d’améliorer la qualité de vie urbaine en jouant sur les économies d’échelle. L’exécution de ces plans devra prendre en compte la baisse des recettes pétrolières.