Perspectives économiques au Gabon

  • Estimée à 4.2 % en 2015, la croissance reste vigoureuse, malgré la chute des cours des hydrocarbures, qui a réduit les recettes fiscales.
  • Le pays a poursuivi en 2015 la mise en place de réformes, liées entre autres à la rationalisation de la gestion des primes de performance de la fonction publique.
  • La population gabonaise, 1.8 million d’habitants, étant très majoritairement urbaine, des efforts de mise à niveau de l’habitat sont entrepris, en même temps que des mesures pour stimuler les zones rurales.

La croissance reste relativement forte, malgré l’impact de la baisse des cours des hydrocarbures, avec un taux qui s’est maintenu autour de 4.4 % en 2014 selon les autorités, estimé à 4.2 % en 2015 et 4.5 % en 2016. Par la suite, un rythme de croissance supérieur à 5 % devrait se poursuivre jusqu’en 2020. L’économie reste dominée par la production d’hydrocarbures. Néanmoins, d’autres secteurs tels que le manganèse et la transformation du bois continuent à jouer un rôle majeur. Les perspectives récentes comme les projections futures montrent que le secteur hors pétrole connaît une plus forte croissance que les hydrocarbures. La nécessaire diversification de l’économie est portée par les politiques publiques. Cependant, les recettes fiscales ont affiché une nette baisse en 2015, en raison de la chute des cours de pétrole et d’une légère baisse de la production pétrolière.

La conjoncture pousse les autorités gabonaises à accélérer les programmes de réformes en cours. Ces mesures portent notamment sur la rationalisation des primes de performance versées aux agents de la fonction publique, dans une optique de plus grande maîtrise des coûts salariaux et d’amélioration des services publics. En parallèle, l’État a fait des arbitrages budgétaires importants au niveau de ses dépenses de fonctionnement, afin de maintenir l’investissement public à hauteur de 22 % des recettes dans le cadre du Plan stratégique Gabon émergent (PSGE), tout en maintenant une politique sociale volontariste. Enfin, les autorités visent à augmenter les recettes fiscales en élargissant l’assiette des impôts et en modernisant les procédures de déclaration et de paiement des taxes.

Le Gabon, fortement urbanisé, voit la part de ses citadins augmenter. Les quatre grandes villes du pays, Libreville, Port-Gentil, Franceville et Oyem n’abritent en 2015 pas moins de 86 % de la population. Libreville, la capitale, compte près de 800 000 habitants, soit la moitié de la population totale du Gabon. La densité hors agglomération, inférieure à 2 habitants au km², est en revanche similaire à celle des pays désertiques sahéliens. Les politiques d’habitat visent à lutter contre le logement précaire, à simplifier la législation tout en améliorant le parc immobilier et les conditions de salubrité en milieu urbain. Par ailleurs, l’ambitieux programme de développement agricole en cours, la Gabonaise des réalisations agricoles et des initiatives des nationaux engagés (GRAINE), comprend l’aménagement de 3 000 km de pistes menant aux plantations, l’intégration d’environ 1 600 villages au plan de développement des infrastructures de base ainsi que l’implication de 30 000 familles dans la constitution de coopératives agricoles. Ce programme vise à lutter contre l’exode rural, à promouvoir l’emploi des jeunes, à créer 15 000 à 20 000 emplois ainsi qu’à tripler la production agricole. Il devrait avoir un fort impact sur l’habitat rural, car il encourage les populations participantes à s’installer sur un espace de terres agricoles réservé.