Perspectives économiques à Madagascar

  • La croissance économique à Madagascar a plafonné à 3.2 % en 2015, son niveau de 2014, mais elle devrait atteindre 4.0 % en 2016 et 4.5 % en 2017.
  • L’année 2015 a été marquée par une deuxième facilité de crédit rapide du FMI et par l’appui des partenaires techniques et financiers au Plan national de développement.
  • Une croissance durable suppose une gestion rationnelle de l’espace territorial et la maîtrise de l’urbanisation.

L’année 2015 a permis la consolidation des institutions mises en place en 2014. Le pays a adopté une politique de décentralisation, organisé des élections locales et sénatoriales, des assises sur la réconciliation nationale avec le concours des anciens présidents de la République, et lancé une consultation nationale sur la réforme du secteur de la sécurité. Un deuxième gouvernement post-transition a été investi. Malgré ces avancées, la stabilité du pays apparaît fragile en raison de la hausse de la pauvreté et du chômage, et des tensions persistantes entre l’exécutif et le parlement.

Le taux de croissance économique est resté relativement faible en 2015, à 3.2 % comme en 2014, un rythme inférieur à l’objectif d’au moins 5 % fixé par le Plan national de développement (PND) pour réduire la pauvreté. Cette langueur s’explique par les incertitudes politiques, les progrès limités en matière de gouvernance, la faiblesse des investissements dans les secteurs sociaux et les infrastructures, les pénuries d’énergie, une grève estivale de 40 jours à Air Madagascar, la détérioration générale de l’environnement des affaires, sans compter les chocs exogènes (sécheresse au sud de l’Île, inondations au nord, baisse des cours des produits miniers et faible croissance du partenaire européen).

La croissance économique reste tirée par le secteur secondaire (zones franches industrielles, agroindustrie, industries métallurgiques et du bois) et par le secteur des services (banques, tourisme, assurances, BTP). Le secteur primaire dans son ensemble a connu un faible taux de croissance, (0.7 % contre 3.3 % en 2014), du fait des inondations dans la partie nord et de la sécheresse au sud. L’inflation a été contenue à moins de 10 %. Le déficit budgétaire s’est creusé, passant à 4.6 % du PIB en 2015 (estimation) contre 2.3 % en 2014. Le déficit du compte courant s’est également détérioré, passant de 0.2 % du PIB en 2014 à 2.3 % en 2015. La stabilité macroéconomique reste donc fragile. L’insécurité alimentaire demeure par ailleurs préoccupante. Dans ce contexte, l’indice de développement humain est resté faible, avec un IDH de 0.510 plaçant Madagascar au 154ème rang dans le Rapport sur le développement humain 2015 du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). La résilience du pays aux chocs extérieurs s’est affaiblie.

En termes de perspectives, la croissance économique devrait s’améliorer pour atteindre 4.0 % en 2016 et 4.5 % en 2017, et contribuer à une réduction de la pauvreté et du chômage sous l’effet conjugué d’une meilleure gouvernance et d’une relance des investissements publics et privés. Avec un environnement politique plus apaisé, cette croissance économique serait principalement tirée par l’agriculture, la production des zones franches industrielles, les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC), les transports, le tourisme et le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP).

L’amorce du processus de développement durable passe par une transformation structurelle de l’économie qui implique une réallocation de ressources vers les secteurs les plus productifs, une meilleure intégration économique des zones rurales et des zones urbaines, à travers la mise en œuvre de politiques publiques favorisant une gestion rationnelle du territoire et une maîtrise du phénomène d’urbanisation rapide.