Perspectives économiques aux Comores

  • La crise énergétique continue de peser sur la croissance économique, qui n’a pas dépassé 1.1 % en 2015.
  • Grâce à l’appui budgétaire de l’Arabie saoudite et la reprise de la production d’électricité, la croissance devrait évoluer en 2016 et 2017 au rythme de 4.1 %.
  • Petit État insulaire en voie de développement (PEID), l’urbanisation rapide fragilise les Comores, qui offrent peu de perspectives d’emploi aux jeunes.

Depuis l’atteinte de l’Initiative pays pauvres très endettés (PPTE) en décembre 2012, les Comores ont renoué avec la croissance économique. Toutefois, l’archipel reste confronté à un certain nombre de graves handicaps, notamment la faible diversification de son économie, la pénurie d’électricité et sa vulnérabilité aux chocs extérieurs. La crise de la production d’électricité pénalise les secteurs contributeurs d’impôts, tels les importateurs de produits congelés et les grandes surfaces commerciales, où les arriérés de salaires s’accumulent. En dépit de ses contraintes, l’économie Comorienne a renoué avec des taux de croissance positifs depuis 2012. La croissance 2016 dépendra largement du climat politique avec l’élection présidentielle prévue en avril, et de la solution de la crise énergétique. Le FMI prévoyait initialement une croissance de 2.2 % en 2016, mais sa projection était antérieure au décaissement de l’appui budgétaire saoudien massif délivré le 31 décembre et de l’assistance technique de la Chine au secteur énergétique, d’un montant de 4 millions d’euros (EUR). C’est pourquoi les prévisionnistes misent désormais sur une croissance de 4.1 % en 2016 puis en 2017, grâce à la reprise progressive de la production d’électricité et surtout à l’impact de l’aide budgétaire saoudienne sur la consommation des ménages.

La situation politique reste marquée par le processus électoral qui a commencé avec les élections législatives, municipales et des Conseillers des îles en février 2015, pour s’achever le 18 avril 2016 avec le deuxième tour de l’élection présidentielle organisé dans tout l’archipel. Le premier tour s’est tenu le 21 février dans la seule Grande Comore, titulaire de la présidence tournante jusqu’en 2021. Les dernières décisions de la Cour constitutionnelle relative à l’éligibilité des candidats ont confirmé l’enracinement de la démocratie aux Comores.

En matière d’environnement des affaires, les Comores ont gagné cinq places au classement de l’édition 2016 de Doing Business, le rapport annuel de la Banque mondiale sur le climat des affaires. Elles se situent au 154ème rang sur 189 pays considérés. Sur le plan social, quelque 45 % de la population vivent en dessous du seuil de pauvreté, et les Comores se classent au 159ème rang sur 187 pays considérés sur l’indice de développement humain des Nations Unies, loin d’avoir pu réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).