Perspectives économiques en Érythrée

  • La croissance devrait, selon les prévisions, atteindre 0.3 % en 2015 contre 1.7 % en 2014 et 1.3 % en 2013, ce qui témoigne des difficultés rencontrées dans l’environnement des affaires et de l’investissement ainsi que de la dégradation de l’économie mondiale.
  • L’engagement des autorités en faveur d’une meilleure gestion des finances publiques et des ressources naturelles grâce à l’assistance technique de la Banque africaine de développement a contribué à créer des perspectives favorables à moyen terme.
  • L’Érythrée, qui promeut l’urbanisation, voit ses ambitions limitées par le manque de financement et de logements en zone urbaine.

Depuis l’indépendance en 1993, le gouvernement de l’État érythréen (Government of the State of Eritrea – GoSE) a donné la priorité aux investissements dans les infrastructures (réseaux de communication, énergie et installations hydrauliques), l’agriculture (principalement pour la sécurité alimentaire), les ressources marines, les services sociaux et autres, et l’industrie manufacturière. En 2016, les priorités du GoSE sont le développement des ressources humaines, l’investissement dans les machines et équipements, les moyens de transport et de communication, l’approvisionnement en eau, l’énergie et les services sociaux essentiels. Les autorités créent également un environnement attractif pour la participation active des investisseurs privés locaux et étrangers. Cependant, ces efforts sont fortement entravés par les problèmes frontaliers persistants, les dépenses publiques relativement importantes en matière de sécurité, les sanctions des Nations unies et l’instabilité macroéconomique. Selon les prévisions, la croissance du produit intérieur brut (PIB) réel devrait ralentir, passant de 1.7 % en 2014 à 0.3 % en 2015, en raison d’une activité économique plus faible et d’un marché mondial plus difficile. Toutefois, la croissance devrait remonter à 2.2 % en 2016. À moyen terme, les autorités misent sur l’amélioration des relations commerciales avec le Moyen-Orient et l’Asie, l’expansion des activités minières, l’essor du secteur alimentaire et le développement du tourisme. Le PIB repose beaucoup sur les services (59.2 %), alors que l’industrie manufacturière est minoritaire (6 %). L’agriculture, la chasse, la sylviculture et la pêche représentent 17.2 % du PIB.

Le déficit budgétaire a légèrement fléchi, passant de 10.7 % du PIB en 2014/15 à 10.3 % en 2015/16, et atteindra 9.9 % en 2016/17 grâce à l’augmentation des recettes issues des projets miniers, à l’accès à des dons plus nombreux et à une réduction des dépenses non productives. L’inflation s’est maintenue à 12.5 % en 2015, principalement du fait de chocs sur l’offre de denrées alimentaires et d’une forte demande de devises. En 2015, la production de cultures vivrières n’a représenté qu’environ la moitié du niveau de 2014. La baisse des prix des denrées alimentaires et des cours du pétrole en 2015 et 2016 devrait contenir l’inflation, laquelle ne devrait pas dépasser 12.5 % pour 2015/16.

Les exportations devraient avoir progressé en 2014-15 grâce au lancement de la production minière dans le cadre du projet Asmara et à l’extraction aurifère par la Zara Mining Share Company. On prévoit un déficit de l’excédent des comptes courants à -3.4 % du PIB en 2015 contre -2.4 % en 2014, une tendance qui se poursuivra en 2016, malgré la hausse des envois de fonds et de «l’impôt pour le développement et le redressement» (un impôt de 2 % perçu sur la diaspora érythréenne). L’Érythrée a continué à bénéficier de l’institut du FMI pour le développement des capacités, le Centre régional d’assistance technique pour l’Afrique orientale (E-Afritac), situé en Tanzanie. En outre, le pays pourra accéder aux ressources de la Facilité d’appui à la transition (Transition Support Facility – TSF) de la BAfD, une composante du volet de subventions du pilier I de la Banque, qui viendra encore renforcer la gouvernance des ressources naturelles, la gestion des finances publiques ainsi que la collecte et l’analyse des données.

Outre son soutien au développement des capacités, la BAfD contribuera à renforcer la gouvernance institutionnelle, notamment aux ministères des Finances et du Développement national, en raison de leur rôle crucial dans la stabilité et la croissance macroéconomiques. Deux projets sont en préparation pour soutenir la réforme du ministère des Finances et améliorer la gestion des finances publiques ainsi que l’administration fiscale et douanière. Le Programme de soutien de la résilience à la sécheresse et des moyens de subsistance durable (DRLSP) II vise à intégrer la participation du secteur privé dans les projets de la Banque et à développer ce secteur privé dans un environnement décentralisé, deux axes clés du développement des compétences et de la promotion de l’emploi et de la création d’entreprise.