Perspectives économiques en Ethiopie

  • La forte croissance de l’économie éthiopienne en 2014/15, estimée à 10.2 %, devrait se poursuivre en 2016 et 2017 grâce aux investissements publics, qui devraient limiter les contraintes liées aux infrastructures et soutenir la transformation structurelle de l’économie.
  • L’Éthiopie a souffert d’une grave sécheresse en 2015, ce qui nécessite une aide alimentaire et non alimentaire d’urgence en 2016 et crée une pression inflationniste, alors que le risque de surendettement public s’est accru en raison d’emprunts non concessionnels croissants et d’exportations insuffisantes en 2014/15.
  • La population urbaine, qui augmente au rythme de 3.8 % par an, devrait atteindre 42.3 millions d’habitants en 2037, ce qui pourrait poser d’importants problèmes de développement s’y l’on n’y remédie pas.

L’Éthiopie a enregistré une croissance économique à deux chiffres d’une moyenne de 10.8 % depuis 2005, que l’on doit principalement au développement emmené par le secteur public. Selon les estimations, le produit intérieur brut (PIB) a bondi de 10.2 % au cours de l’exercice 2014/15. L’agriculture, les services et l’industrie ont représenté respectivement 38.8 %, 46.6 % et 15.2 % du PIB réel. Les investissements publics devraient continuer à stimuler la croissance à court et moyen terme, la priorité étant donnée à d’énormes investissements dans les infrastructures et le développement de parcs industriels afin de limiter les obstacles à la transformation structurelle, qui doit encore se mettre en place pour donner une place importante à l’industrie dans l’économie.

La politique budgétaire est restée prudente, se concentrant essentiellement sur l’accroissement des dépenses en faveur des pauvres et des secteurs propices à la croissance ainsi que sur un meilleur recouvrement des recettes fiscales. La politique monétaire a pour principal objectif de veiller à la stabilité du taux de change et de maintenir l’inflation sous la barre des 10 %, en dépit d’une tendance haussière, atteignant 10.1 % en décembre 2015. Même si le pays a poursuivi une politique de gestion saine de sa dette, les indicateurs ont signalé une dégradation de l’endettement, passé d’un niveau faible à modéré en 2015 selon l’analyse de viabilité de la dette de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI). En outre, les mauvais résultats et la volatilité des revenus d’exportation ainsi que la demande d’importations toujours plus forte ont creusé le déficit commercial.

En 2015, l’Éthiopie a connu l’une de ses pires sécheresses depuis 30 ans en raison du phénomène climatique El Niño, ce qui a entraîné la perte des récoltes et une pénurie de fourrage pour le bétail. Quelque 10.2 millions de personnes ont été touchées par cette sécheresse et auront besoin d’une aide alimentaire et non alimentaire d’urgence en 2016.

L’Éthiopie est le deuxième pays le plus peuplé d’Afrique après le Nigéria, mais aussi le moins urbanisé avec un taux de 19 % seulement, ce qui est bien inférieur à la moyenne subsaharienne (37 %). La population urbaine a augmenté à un rythme moyen de 3.8 % par an depuis 2005 et devrait tripler entre 2012 et 2037, passant de 15.2 millions à 42.3 millions d’habitants. Cela pourrait poser d’importants problèmes de développement si cette question est laissée en déshérence. Depuis 2004/05, les autorités se concentrent surtout sur l’expansion du logement, la réhabilitation des bidonvilles, la création d’infrastructures et la promotion des petites entreprises urbaines.