Perspectives économiques au Rwanda
- La croissance du Rwanda est restée solide en 2011, mais on anticipe un ralentissement en 2012 et en 2013.
- Plusieurs facteurs influeront sur ces perspectives : le financement des programmes d’investissement conduits par l’État, l’amélioration de l’environnement extérieur et la reprise du crédit au secteur privé.
- L’inadéquation des compétences et la croissance limitée de l’emploi sont des causes majeures du chômage des jeunes.
En 2011, la croissance du Rwanda a été tirée par de bonnes récoltes, par une hausse des recettes d’exportation, essentiellement due à l’envolée des cours des produits de base, et par une forte demande intérieure, qu’explique un accroissement du crédit ausecteur privé. Y ont également contribué l’expansion des dépenses publiques et la reprise du tourisme. La croissance du produit intérieur brut (PIB) devrait se tasser en 2012 car l’assainissement budgétaire annoncé va grever la demande globale et des incertitudes planent sur l’économie mondiale. En 2012 et 2013, les politiques macroéconomiques devraient rester axées sur la promotion de la croissance économique parallèlement au maintien de la stabilité. La politique budgétaire vise l’assainissement des finances publiques et le retrait progressif des mesures de relance budgétaire. La balance globale des paiements devrait rester excédentaire en 2012 et 2013 sous l’effet des entrées de capitaux attendues pour financer des investissements privés et publics, mais la persistance des déficits commerciaux demeurera un obstacle significatif à moyen terme.
Le chômage des jeunes reste une difficulté majeure. En effet, plus de 42 % des jeunes sont soit au chômage soit sous-employés, dans le secteur de l’agriculture de subsistance.
Le chômage des jeunes s’explique principalement par l’inadéquation des compétences et par la croissance limitée de l’emploi. On estime à 40 % le déficit moyen de compétences et, dans certaines catégories, la demande actuelle dépasse l’offre de 60 % sur l’ensemble des secteurs public, privé et à but non lucratif. La création d’emplois dans le secteur non agricole, estimée à 74 000, n’est pas non plus suffisante pour les quelque 200 000 jeunes qui finissent leur études et entrent sur le marché du travail chaque année. Il existe déjà des cadres de politique publique pour le développement des compétences et pour la création d’emplois aussi bien en zones rurales qu’urbaines, et qui visent aussi à renforcer l’égalité entre hommes et femmes, mais il faut déployer davantage d’efforts pour que ces politiques aient des effets tangibles.


