Perspectives économiques au Rwanda

  • De 4.7 % en 2013, la croissance du PIB réel du Rwanda est montée à 7.0 % en 2014, dépassant les 6.0 % escomptés. Elle devrait atteindre 7.5 % en 2015 et en 2016.
  • Vingt ans après le génocide, le Rwanda peut être considéré comme un exemple de développement réussi. L’unité et la réconciliation ont été renforcées, ce qui favorise la bonne gouvernance à moyen terme.
  • Les efforts visant à promouvoir l’inclusion spatiale portent leurs fruits. La proportion de ménages ruraux qui vivent dans des établissements humains planifiés intégrés et économiquement viables est ainsi passée de 37.5 % en 2012 à 53.0 % en 2013/14.

En 2014, le produit intérieur brut (PIB) du Rwanda a augmenté de 7.0 %, un taux supérieur aux 6.0 % initialement attendus et aux 4.7 % enregistrés en 2013. La croissance s’est tassée dans l’industrie à la suite du ralentissement subi par les secteurs des mines, des activités manufacturières et de la construction. Les investissements publics et privés, ainsi qu’une reprise de l’agriculture et des services, devraient continuer à tirer la croissance à court et moyen termes. Priorité est donnée à un programme d’investissements publics dans l’infrastructure de transport et de l’énergie afin de remédier aux obstacles présents dans ces secteurs et de stimuler la croissance économique.

En 2015 et 2016, l’inflation globale devrait converger autour de la cible à moyen terme de la banque centrale, fixée à 5 %. Le repli des prix des denrées alimentaires et des combustibles devrait continuer à alléger les tensions inflationnistes. La demande de biens d’équipement, de biens intermédiaires et de combustibles pour le programme d’investissements publics devrait rester solide à court et moyen termes. Le déficit de la balance courante devrait toutefois persister à court terme, les recettes des exportations n’ayant représenté que 25 % des importations.

La population urbaine représentait 28 % de la population totale du Rwanda en 2014, pourcentage inférieur à la moyenne de l’Afrique subsaharienne (37 %) et à la moyenne mondiale (53 %). Le taux annuel d’urbanisation, estimé à 5.9 %, est cependant supérieur à ces deux moyennes qui sont respectivement de 4.2 % et de 2.1 %. Une approche de développement urbain/rural intégré est donc nécessaire pour en garantir la durabilité et relier les objectifs de développement urbain à d’autres objectifs, notamment à celui de transformation socio-culturelle. La Stratégie d’urbanisation et de peuplement des zones rurales (2013-18), dont la mise en œuvre est en cours, vise deux objectifs : premièrement, renforcer le développement de Kigali et fournir un appui aux districts en matière d’aménagement et de gestion urbains et deuxièmement, mettre en place une urbanisation équilibrée favorisant l’inclusion et la transformation économiques. À cet égard, six villes secondaires sont à des stades de développement divers, dans le cadre d’un programme ayant pour but de transformer ces centres de commerce et de transport naissants en pôles de croissance régionaux. La réalisation de ces objectifs devrait porter le taux d’urbanisation à 35 % d’ici à 2020.