Perspectives économiques aux Seychelles

  • En juillet 2015, les Seychelles ont accédé au statut de pays à revenu élevé, ce qu’elles doivent à la politique macroéconomique judicieuse du gouvernement et aux réformes structurelles exhaustives engagées ces dernières années, qui ont favorisé une croissance économique robuste, s’établissant en moyenne à 5.3 % sur la période 2011-15.
  • Les perspectives de croissance à moyen terme des Seychelles sont modestes, avec une progression du PIB projetée à 3.1 % en 2016 et à 3.7 % en 2017, tandis que les secteurs traditionnels de la pêche et du tourisme devraient rester les principaux moteurs de l’économie.
  • Avec l’accélération potentielle de l’activité dans les secteurs non traditionnels, comme le secteur manufacturier à forte valeur ajoutée, conjuguée à la croissance de la population, à l’évolution des habitudes de consommation et à la faible superficie des terres disponibles, l’urbanisation rapide représente un défi de taille pour les villes seychelloises, ainsi d’ailleurs que pour tous les petits États insulaires en développement.

En juillet 2015, les Seychelles ont accédé au statut de pays à revenu élevé après que leur revenu national brut (RNB) moyen par habitant a atteint 13 710 dollars (USD) en 2013-14. Les autorités du pays ont mis en œuvre une politique macroéconomique judicieuse ainsi que des réformes structurelles exhaustives ces dernières années, lesquelles ont alimenté une croissance robuste, tirée principalement par le tourisme et les technologies de l’information et des communications (TIC), et s’établissant en moyenne à 5.3 % sur la période 2011-15. Le taux de croissance a néanmoins affiché une tendance globale à la baisse, passant d’environ 7.9 % en 2011 à 4.6 %, selon les estimations, en 2015, principalement sous l’effet d’un ralentissement dans le secteur de la construction, plusieurs grands projets ayant été achevés sur cette période. Les perspectives de croissance à moyen terme du pays demeurent modestes, avec une progression du produit intérieur brut (PIB) projetée à 3.1 % en 2016 et à 3.7 % en 2017. Les secteurs traditionnels de la pêche et du tourisme devraient rester les principaux moteurs de la croissance. La prudence de la politique budgétaire et monétaire a contribué à stabiliser la situation macroéconomique, et l’inflation devrait demeurer inférieure à 3 % en 2016 et en 2017.

Les Seychelles sont toujours aux prises avec un certain nombre de problèmes. Leur économie n’est pas assez diversifiée et elle est vulnérable aux chocs exogènes, compte tenu de sa dépendance vis-à-vis du tourisme et de la pêche. Le pays devra donc impérativement étoffer son secteur privé s’il veut se diversifier davantage, atténuer sa vulnérabilité et se protéger des chocs. Toutefois, le secteur privé a besoin d’un environnement plus propice pour pouvoir exploiter pleinement son potentiel et développer de nouvelles activités. De plus, il faut que la croissance devienne plus verte afin de mieux protéger l’environnement naturel fragile des Seychelles contre les effets néfastes du changement climatique.

Afin de promouvoir le développement socioéconomique du pays, en novembre 2015, le gouvernement a adopté la Stratégie de développement national à moyen terme (SDN 2015-19), articulée autour du concept d’« économie bleue ». Ce concept met en avant le potentiel économique de la vaste zone économique exclusive (ZEE) seychelloise, une aire marine de 1 374 000 km2 (la deuxième d’Afrique par la superficie), pour favoriser une croissance inclusive. Ce concept novateur englobe la préservation et l’utilisation durable des ressources de l’océan, l’extraction des ressources pétrolières et minérales, la bioprospection, la production d’énergie durable et le transport maritime, ainsi que la promotion des Seychelles comme une destination du tourisme « bleu ». La SDN 2015-19 entend obtenir des résultats dans quatre domaines principaux : la gouvernance, le développement économique, le développement social, et l’environnement et l’énergie.

 Les Seychelles sont un petit État insulaire en développement (PEID) affichant de fortes inégalités de revenu : l’enquête auprès des ménages réalisée en 2006/07 a révélé un coefficient de Gini de 65.8 pour les inégalités de revenu. Toutefois, le niveau de pauvreté est très bas, puisque seulement 0.25 % de la population vivaient avec 1.25 USD ou moins par jour en 2007. Quelque 90 % des 94 000 habitants de l’archipel résident à Mahé, l’une des trois îles principales. Cependant, en raison de sa faible superficie terrestre et de sa forte densité de population, le pays doit veiller à maintenir un équilibre délicat entre utilisation des terres, protection de l’environnement et développement économique. À cette fin, les pouvoirs publics ont entrepris d’élaborer des politiques et des plans intégrés.