Perspectives économiques en Somalie

  • L’assise de l’économie de la Somalie reste étroite puisque la majorité de ses habitants vivent de l’élevage et de la pêche.
  • La faible base d’imposition et une mauvaise gestion des finances publiques continuent à faire peser de graves restrictions sur le budget du gouvernement, laissant ainsi la Somalie presque totalement dépendante des aides et des versements de fonds extérieurs.
  • Même si le principal obstacle au commerce, à l’investissement et à la collecte des recettes publiques continue à être l’absence de paix et de sécurité, l’armée nationale somalienne a réussi à reprendre de nombreuses zones auparavant contrôlées par les chabab.

L’économie de la Somalie demeure fragile, puisque la reprise continue d’être entravée par les conditions de sécurité précaires, des infrastructures insuffisantes et des ressources financières limitées. Le pays est tributaire de l’agriculture et en particulier de l’élevage (essentiel à l’exportation), ce qui reflète sa base économique étroite et explique qu’il soit vulnérable aux chocs extérieurs ou environnementaux. Cela limite également la capacité du gouvernement fédéral de la Somalie (GFS) à générer des revenus suffisants pour soutenir son programme de reconstruction et de développement économiques, et à stabiliser son environnement macroéconomique.

Le FMI a estimé le produit intérieur brut (PIB) réel de 2015 à 2.7 % ; il est entraîné par la croissance de l’agriculture, des services financiers, de la construction et des télécommunications. En supposant que la sécurité s’améliore graduellement, et en l’absence de sécheresse, la croissance annuelle à moyen terme du PIB réel devrait se situer à environ 5 %. Néanmoins, elle restera insuffisante pour lutter contre la pauvreté généralisée dans le pays. En ce qui concerne le développement de la Somalie, les défis clés sont toujours la création d’emplois pour les jeunes, la prestation de services sociaux, notamment dans les domaines de l’éducation et de la santé, et la création de moyens de subsistance durables.

Afin d’attirer des investissements, le GFS prend des mesures dans plusieurs domaines stratégiques. Celles-ci comprennent : i) tenter de faciliter le mouvement des importations et des exportations ; ii) créer une plus grande légitimité et stabilité financière dans le pays ; iii) faciliter la continuité du flux des transferts de fonds ; et iv) reconstruire et développer les infrastructures de base. En juin 2015, le ministère de la Planification et de la Coopération internationale a lancé le processus d’élaboration d’un Plan national de développement (PND) destiné à encadrer la planification pour la Somalie après 2016. Le cadre du PND définira les priorités de développement du pays sur une période quinquennale. Le Plan donnera également un aperçu des besoins en fonds internes et externes, ainsi que des principales sources de financement. Il guidera aussi l’attribution des ressources, la hiérarchisation des actions du gouvernement et l’appui international au développement. Le PND servira également de Document de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP) intérimaire, jusqu’à ce qu’un plan officiel à part entière soit mis en place, et comprendra une vision et des orientations pour le développement de la Somalie et la réduction de la pauvreté socio-économique.

Le GFS a également mis en place, au sein du cabinet du Premier ministre, une unité chargée de mettre au point un cadre permettant de renforcer les capacités du secteur public. Ce processus est en cours et va commencer, petit à petit, à améliorer les capacités du gouvernement fédéral et sa réactivité. Cependant, étant donné la marge budgétaire actuelle très réduite, avec des capacités fiscales extrêmement limitées et dans un contexte de sécurité compliqué, il est difficile d’attirer des professionnels qualifiés dans le secteur public, ce qui limite la capacité du gouvernement à fournir des services.