Sud du Soudan et la BAD

La Banque africaine de développement (BAD) et le Soudan du Sud ont une histoire de coopération qui a commencé après la signature de l'Accord global de paix en 2005. Ce qui était alors le territoire du Sud-Soudan a bénéficié des concours de l’institution dans le cadre de l’approche Un pays, deux systèmes, et plus tard, après l'indépendance, dans le contexte de l'Accord de coopération signé avec la Banque. Le pays a été officiellement accepté comme membre de la BAD en mai 2012, et a ratifié son adhésion en septembre de l’année suivante.

Après l'accession à l'indépendance, le pays a élaboré son premier cadre de la planification du développement, sous le titre Plan de développement du Soudan du Soudan 2011 à 2013 (en anglais South Sudan Development Plan, SSDP). Le Plan a été prorogé jusqu'en 2016, pendant que les autorités sont est en train de parachever l'Initiative de développement du Soudan du Sud (en anglais South Sudan Development Initiative, SSDI), dont l'objectif consiste à hiérarchiser et à mettre en œuvre les projets et programmes transformateurs du SSDP.

Le cadre de planification du pays se concentre sur la sortie de la fragilité.  Et ce en abordant les contraintes en capacités en ressources humaines, ainsi que sur le Nouveau pacte sur les cinq objectifs de construction de la paix et de renforcement de l’Etat pour les Etats fragiles, à savoir : i) un cadre politique légitime ; ii) la sécurité ; iii) la justice ; v) les fondements de l’économie ; et v) les recettes et les services.

La Banque finance actuellement trois projets au Soudan du Sud, pour un investissement total d'environ 17,8 millions de dollars EU. Compte tenu des faiblesses de capacité institutionnelle que connaît le pays, les investissements de la Banque sont principalement axés sur le renforcement des capacités institutionnelles et la gestion des finances publiques. La Banque a également financé le premier plan d'action des infrastructures.  Un plan qui est essentiel pour la planification et la mobilisation des ressources, en vue de relever le défi posé par l’énorme déficit d'infrastructures du pays résultant de plusieurs décennies de guerre.

Conformément aux piliers et aux objectifs du SSDP, la Banque a approuvé, en octobre 2012, le premier Document de stratégie pays intérimaire (DSP-I) 2012-2014. Le DSP-I est articulé autour d'un pilier central : « La construction de l’Etat grâce au renforcement des capacités et au développement des infrastructures ». Le documenta accorde une haute priorité à la mise en place des conditions pour promouvoir la paix, la stabilité et le renforcement de l'État.  ET ce  en aidant le pays à renforcer ses capacités humaines et institutionnelles en matière de gestion des finances publiques.  Le document met également l’accent sur  la coordination de l'aide et les  projets d'infrastructure à effet rapide ayant un impact potentiel rapide sur le renforcement de la paix, la sécurité, les moyens de subsistance et le climat de l'investissement.

Dans la ligne du DSP-I, la Banque accordera en 2013 des dons d'un montant de 33,990 UC* couvrant quatre interventions, à savoir : une assistance technique pour le développement du secteur des transports ; un appui budgétaire direct (à financer en parallèle avec le FMI et la Banque mondiale) ; une étude de faisabilité sur l’alimentation en eau et l’assainissement des petites villes, avec la conception détaillée ; et le projet de réhabilitation et d’extension du système de distribution électrique de Juba.

Pour 2014, le plan  comprend deux grandes interventions dans le secteur des infrastructures et le soutien au secteur agricole. Ce sont : le projet de centrale hydroélectrique de Fula Rapids qui, conçu comme un partenariat public-privé, sera financé à concurrence de 6,6 millions d'UC sur les ressources du guichet du secteur privé de la Banque ; le projet de modernisation des infrastructures routières Juba-Kapoeta sur le corridor Kampala-Juba-Addis-Djibouti, qui sera financé sur l’allocation pays du FAD et le guichet régional/multinational ; le programme d’appui à la résistance à la sécheresse dans la région de la Corne de l’Afrique. L’allocation pour les trois projets est d'environ 97,5 millions d'UC.  Cette allocation proviendra des  ressources réservées au pays (Allocation basée sur la et Facilité en faveur des Etats fragiles) et aux opérations régionales.

* En novembre 2013, 1 unité de compte (UC) = 1,53804 dollar américain (USD)