Perspectives économiques en Tanzanie
- La croissance du PIB réel de la Tanzanie demeure soutenue, malgré la persistance des problèmes économiques dans la zone euro et les pénuries d’électricité récurrentes dans le pays.
- Les autorités doivent maintenir une politique de rigueur budgétaire et monétaire afin de contenir l’inflation et de réduire la dépendance vis-à-vis de l’aide.
- À 8.8 %, le chômage des jeunes touche de manière disproportionnée les femmes et les zones rurales.
L’économie de la Tanzanie a su faire preuve de résilience face aux chocs et devrait rester solide, avec un produit intérieur brut (PIB) en hausse en 2012 et 2013, et bien audessus des moyennes régionales. Les services, l’industrie et le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP) restent les moteurs de l’activité, mais les fréquentes coupures d’électricité continuent d’amoindrir le potentiel de production.
Les exportations, qui ont profité, pendant la crise, de l’essor de la demande d’or sur les marchés mondiaux, devraient enregistrer de bonnes performances, avec des prévisions de croissance s’établissant à 10.9 % en 2012 et à 9.7 % en 2013. Dans l’ensemble, les dépenses récurrentes ont progressé davantage que les recettes et les dons, ce qui a contribué à creuser le déficit budgétaire et à augmenter la dette publique. Le déficit budgétaire s’est néanmoins réduit en 2011 et devrait se stabiliser au cours des deux prochaines années. Après avoir largement dépassé sa cible l’année dernière, pour atteindre un taux à deux chiffres sous l’effet de la flambée des prix des produits alimentaires, l’inflation devrait reculer en Tanzanie en 2012 et 2013. Le shilling tanzanien (TZS) subit des tensions depuis 2010, et a cédé 10.6 % en 2011, ce qui a renchéri les importations. L’augmentation des importations de pétrole destinées à répondre aux besoins de la production d’électricité explique la forte demande de devises.
En Tanzanie, le chômage constitue une préoccupation de premier plan, car près de 2.4 millions de personnes, des jeunes pour la plupart, sont sans emploi, ce qui représente 10.7 % de la population. La situation sur le marché du travail des jeunes urbains, en particulier, est critique. Le manque d’opportunités d’emploi pour les jeunes femmes, lesquelles sont de plus en plus nombreuses dans la population active, complique encore la situation. Les effets de la crise mondiale actuelle pourraient engendrer des difficultés supplémentaires, surtout dans le tourisme et dans les secteurs tournés vers l’exportation.

