Perspectives économiques en Tanzanie

  • L’économie du pays a progressé de 7 % en 2014, et d’après les estimations la croissance se serait maintenue au même rythme en 2015, principalement sous l’impulsion des secteurs des services, de l’industrie, de la construction, de l’information et de la communication. La situation budgétaire était saine, avec un déficit global de l’ordre de 3.4 % du PIB en 2013/14. Les perspectives s’annoncent similaires à moyen terme.
  • À l’issue des élections générales qui se sont déroulées avec succès et dans le calme, les pouvoirs ont été transférés en octobre 2015 à un nouveau président qui s’est engagé à gérer prudemment les ressources, à lutter contre la corruption et à promouvoir une croissance inclusive.
  • En raison du taux d’urbanisation croissant, le chômage et la pression sur les infrastructures augmentent et les pouvoirs publics ne sont plus en mesure de gérer le développement urbain.

Les performances économiques sont restées solides et stables au cours de la dernière décennie. La croissance était de 7 % en 2014 et d’après les estimations préliminaires, elle se serait maintenue au même rythme en 2015, principalement sous l’impulsion des secteurs des services, de l’industrie, de la construction, de l’information et de la communication, qui affichent tous une croissance à deux chiffres. À moyen terme, la croissance devrait dépasser les records de 2014 et 2015, pour atteindre 7.2 %. Cette amélioration devrait provenir essentiellement d’une augmentation des activités industrielles et des investissements d’infrastructure, et les autres secteurs devraient avoir une performance comparable à celle des années récentes. Le taux d’inflation, de 6.1 % en 2014, devrait poursuivre son infléchissement à 5.6 % en 2015, grâce aux conditions météorologiques favorables qui ont permis une production agricole soutenue, ainsi qu’à une gestion prudente de la politique budgétaire et monétaire. La dette publique globale est soutenable, à 30.2 % du produit intérieur brut (PIB) en 2014/15.

Sur le plan du développement social et humain, l’indice de développement humain de la Tanzanie a progressé de 0.371 à 0.521 entre 1985 et 2014. Entre 1980 et 2014, on a vu augmenter l’espérance de vie à la naissance (+ 14.5 ans) et le nombre d’années de scolarisation prévues (+ 3.3 ans) tandis qu’entre 2005 et 2012/13, la mortalité infantile reculait, de 68 à 41 décès pour 1 000 naissances vivantes. Cependant, la lutte contre la pauvreté progresse trop lentement; en effet, en raison de la structure de l’économie tanzanienne, la forte croissance de l’activité économique ne s’est pas accompagnée d’une réduction proportionnelle de la pauvreté. Alors que le taux de croissance moyen a été de l’ordre de 7 %, le secteur agricole, qui emploie près de 70 % de la population active, a connu une croissance inférieure à 4 %. La dernière enquête sur le budget des ménages (2011/12) révèle que 28.2 % des Tanzaniens vivent dans la pauvreté, dont l’incidence est plus élevée dans les zones rurales.

Les élections générales d’octobre 2015 ont été remportées par John Magufuli, élu président de la République-Unie de Tanzanie, pour un mandat de 5 ans. Ce dernier a dévoilé un plan de travail quinquennal complet et détaillé visant à résoudre les problèmes relatifs à la propriété foncière, à l’eau, aux services de santé, à l’éducation, à l’agriculture, à l’approvisionnement en électricité et à l’administration de la justice. Le plan met également l’accent sur l’efficacité et l’efficience des pouvoirs publics, l’augmentation des recettes publiques et la lutte contre la corruption. Il est indispensable que les politiques et programmes définis par le président soient appliqués à la lettre pour apporter à moyen terme une réponse à la pauvreté qui sévit en Tanzanie.

L’urbanisation représente désormais un défi de développement majeur pour le pays. À Dar esSalaam comme dans d’autres grandes villes du pays, le taux de chômage est plus élevé que dans les régions rurales ; les infrastructures de base (routes, électricité, eau, transports par autobus, etc.) sont devenues très insuffisantes pour répondre à la demande des usagers et les installations récréatives, les réseaux d’égouts, les canaux de drainage et la protection de l’environnement sont également inadéquats. Bien que ce ne soit pas les terrains qui manquent, il n’y a pratiquement pas de zones planifiées à des fins résidentielles. Compte tenu du piètre réseau routier et de l’absence de systèmes de transport en commun intra-urbain sur rail, se déplacer à l’intérieur des villes est un véritable défi pour les travailleurs. Une politique intégrée et coordonnée d’aménagement et de développement urbains est en cours d’élaboration et si le nouveau gouvernement parvient à la finaliser et à la mettre en œuvre, il aura à son actif un succès important.