Perspectives économiques en Egypte

  • Les perspectives de l’économie égyptienne pour 2016 restent d’un optimisme prudent, mais reposent en partie sur la capacité du gouvernement à répondre aux attentes de la population et à mettre efficacement en œuvre la stratégie de développement durable et les réformes macroéconomiques.
  • La croissance devrait s’accélérer sous l’effet du regain de confiance des investisseurs, même si les turbulences économiques mondiales continuent de peser sur l’activité économique.
  • Le pays doit remédier à des problèmes intérieurs qui existent depuis longtemps : une croissance faible et non inclusive et les effets d’une forte expansion démographique sur une croissance urbaine durable.

Depuis la destitution du président Hosni Moubarak en 2011, le pays connaît une longue transition politique. La «feuille de route politique» officielle est désormais mise en œuvre. Cependant, les conditions de sécurité restent fragiles, car le pays doit lutter contre l’islamisme radical. Dans le même temps, la croissance ne cesse de progresser. Elle est tirée par le secteur du gaz, les activités manufacturières et l’immobilier, ainsi que par la hausse de l’investissement direct étranger (IDE). Toutefois, l’activité touristique a faibli après l’attentat perpétré fin octobre 2015 contre un avion transportant des touristes russes. Par ailleurs, les secteurs tributaires des importations ont pâti d’une pénurie de devises ce qui a entraîné une baisse de la production. Les prévisions modérément optimistes pour 2016 reposent largement sur les résultats que produiront les réformes et la stratégie de croissance mises en œuvre par le gouvernement.

En 2015, les autorités ont dû faire face à des pressions politiques continues. La croissance économique léthargique et la politique budgétaire expansionniste ont contribué à un déficit budgétaire important et persistant. C’est pourquoi la politique d’assainissement budgétaire vise à étoffer les recettes et à rationaliser les dépenses en les orientant sur la protection sociale. Pour financer le déficit, l’État a emprunté massivement, ce qui a entraîné l’explosion de la dette publique et l’éviction du secteur privé. Face à ces tensions, la Banque centrale d’Égypte (CBE) a en partie réussi à endiguer les tensions inflationnistes et à stimuler la croissance tout en maintenant le taux de change. La CBE pourrait décider d’assouplir sa politique monétaire pour le reste de l’année 2016 afin d’éviter un ralentissement de la croissance. Cependant, une politique de rigueur s’imposera si l’Égypte veut soutenir sa monnaie, la livre égyptienne (EGP), alors que ses réserves de change s’effondrent.

Si le gouvernement poursuit son programme de réformes économiques, l’économie égyptienne devrait se redresser modérément à compter de 2016. Pour stabiliser l’économie et stimuler la croissance, il devra réduire le déficit budgétaire et augmenter les dépenses en faveur des pauvres, veiller à la stabilité des prix dans un contexte d’incertitude lié au taux de change et améliorer les perspectives d’emploi pour les Égyptiens (en particulier pour les jeunes), l’environnement d’affaires ainsi que la sécurité et la justice sociale.

L’Égypte poursuit ses efforts axés sur des villes durables et sur la transformation structurelle, mais elle se heurte à des difficultés évidentes : sa forte expansion démographique fait largement obstacle à une croissance urbaine durable. À mesure que les demandeurs d’emploi migrent vers les zones urbaines, la population des villes augmente, ajoutant aux pressions qui pèsent déjà sur l’infrastructure urbaine. En outre, l’urbanisation a une incidence directe sur la sécurité alimentaire du pays, car l’expansion urbaine fait disparaître des terres agricoles. Pour remédier à ce problème, l’État a décidé de financer certains projets en Haute-Égypte, sur la côte nord-ouest et le long du nouveau canal de Suez.