Perspectives économiques en Algérie

  • La croissance s’est établie à un niveau estimé à 3.9 % en 2015, tirée principalement par l’agriculture et un rebond dans le secteur des hydrocarbures.
  • Avec un secteur pétrolier qui génère environ 49 % des recettes publiques et 96 % des exportations, la baisse des cours du pétrole a réduit les épargnes budgétaire et extérieure, mettant en évidence la nécessité de diversifier les sources de financement public de l’économie.
  • Après avoir enregistré une transition urbaine entre 1987 et 1988, l’Algérie a atteint en 2015 le cap des 40 millions d’habitants, avec une population urbaine à 70 %.

La croissance réelle du produit intérieur brut (PIB) s’est établie à 3.9 % en 2015 contre 3.8 % en 2014, tirée principalement par l’agriculture, en particulier la production végétale et un rebond dans le secteur des hydrocarbures. Ce dernier, particulièrement marqué au quatrième trimestre 2015, intervient après neuf années consécutives de tendance baissière, dans un contexte de déclin des cours mondiaux du baril de pétrole depuis juin 2014. Cette situation conjoncturelle devrait être une opportunité d’accélérer les réformes visant la diversification et la transformation structurelle de l’économie. La croissance du PIB réel devrait être de 3.4 % puis de 3 % en 2016 et 2017 respectivement

En 2015, l’inflation a atteint 4.8 %, en hausse après deux années consécutives de baisse, en raison de l’augmentation des prix des produits alimentaires et des biens manufacturés. Ce retour à l’inflation tient à des dysfonctionnements des circuits de distribution, notamment des produits agricoles frais et des produits alimentaires industriels.

La conjoncture est surtout marquée par l’impact de la chute drastique des cours du pétrole sur la position extérieure ainsi que les comptes publics. La balance commerciale affiche un important déficit de 9 % du PIB en 2015, pour la première fois en 16 ans, en raison de la non couverture des importations (31 % du PIB) par les exportations (21 % du PIB), entraînant une diminution des réserves officielles de change.

Les comptes de l’État sont affectés par l’érosion des ressources du Fonds de régulation des recettes (FRR), consécutive à la baisse notable de la fiscalité pétrolière, passée de 20 % à 13 % du PIB entre 2014 et 2015. Avec des recettes totales en baisse (27 % du PIB en 2015 contre 33 % en 2014) et des dépenses budgétaires toujours élevées (43 % du PIB en 2015 et 2014), le déficit global s’est creusé, passant à 16 % du PIB en 2015 contre 8.3 % en 2014.

L’aménagement du territoire a intégré les concepts « d’urbain » et de « durabilité », devenus systématiques dans ses lois et déterminants pour les plans d’aménagement autour de trois grandes zones : le Littoral, les Hauts Plateaux et le Sahara. En 2015, plus de 70 % des 40 millions d’Algériens vivent dans des régions urbaines.