Afrique du Nord

Perspectives économiques en Mauritanie

  • L’économie de la Mauritanie a enregistré un ralentissement de la croissance réelle du PIB, avec un taux de croissance de 3.1 % en 2015 contre 6.6 % en 2014, en raison essentiellement de la baisse des prix du minerai de fer, son principal produit d’exportation.
  • Les perspectives économiques demeurent néanmoins prometteuses à court terme, notamment grâce à la mise en exploitation du gisement de Guelb II, nouveau champ minier, à la relance des activités manufacturières et à l’intensification des réformes structurelles.
  • La transformation des villes mauritaniennes en véritables moteurs de croissance tarde du fait d’une urbanisation non planifiée et non encore maîtrisée, ce qui a un impact négatif sur le développement local.

Du fait notamment de la baisse continue des cours mondiaux du fer, l’économie mauritanienne est sortie en 2015 de son sentier de croissance forte, avec un taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) estimé à 3.1 %, après 6.6 % en 2014. La contribution des industries extractives au PIB a ainsi significativement baissé en 2015 pour se situer à 7.4 % (12.8 % en 2014). Le ralentissement de la croissance s’explique également par la baisse de l’investissement brut. Les perspectives économiques demeurent toutefois prometteuses à court terme, notamment grâce à l’entrée en exploitation du gisement de Guelb II, nouveau champ minier de fer, à la relance des activités manufacturières et à l’intensification des réformes structurelles.

L’année 2015 a été marquée par une consolidation des acquis macroéconomiques du pays. Ainsi, l’inflation a été contenue à 1.5 % (3.5 % en 2014), sous l’effet notamment de la baisse des cours internationaux des produis alimentaires. La position budgétaire demeure viable, avec un déficit gérable du solde budgétaire global de 2.9 % du PIB (3.7 % en 2014). Les réserves officielles avaient un niveau confortable fin 2015, estimé à 809 millions de dollars US (USD), soit 6.8 % des importations non extractives (5.5 mois d’importations), contre 639.1 millions USD soit 4.7 mois d’importations en 2014. Le secteur tertiaire a confirmé son essor, avec une contribution au PIB au plus haut, de 44.8 %. Le déficit courant est resté sur sa dynamique de redressement progressif pour se situer à 22.2 % du PIB (30 % en 2014). Il est prévu que cette dynamique prévale jusqu’en 2017.

Les résultats encourageants de l’Enquête permanente sur les conditions de vie des ménages (EPCVM) de 2014, publiés en 2015, révèlent des progrès significatifs en matière de réduction de la pauvreté. En effet, la pauvreté a reculé de 42 % en 2008, à 31 %. Avec un score de 0.506, le classement IDH (Indicateur de Développement Humain) 2015 du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) situe la Mauritanie au 156ème rang, soit une amélioration de 5 places par rapport au classement 2014. Par ailleurs, plusieurs autres indicateurs sociaux se sont redressés. Toutefois, en dépit des progrès enregistrés, la performance sociale reste globalement mitigée. Le pays demeure en effet dans la catégorie des pays à IDH faible. Le premier objectif du Millénaire pour le développement (OMD), consistant à ramener le taux de pauvreté à 28 % à fin 2015, n’a pas pu être atteint. Malgré le niveau relativement peu élevé du chômage (12.8 % en 2014), le marché du travail maintient un niveau élevé de précarité et d’informalité, avec un taux d’emploi vulnérable de 54.62 %.

Parmi les défis majeurs de développement du pays figurent notamment la maîtrise de l’urbanisation (avec une forte croissance de la population urbaine, qui représente 48.3 % de la population totale), la persistance des quartiers à habitat précaire, la gestion foncière à améliorer, une meilleure application de la fiscalité ainsi qu’une réduction de la vulnérabilité au changement climatique. Dans ce contexte, la perspective d’une urbanisation bien encadrée et orientée apparaît comme une donnée essentielle du développement local.