Perspectives économiques de l'Angola

  • L’économie de l’Angola a progressé au rythme de 3.8 % en 2015, et, sous l’effet du repli des cours du pétrole, la croissance du PIB devrait rester modeste, à 3.3 % en 2016 et 3.5 % en 2017.
  • Le pays doit prendre des mesures pour accélérer sa diversification économique et renforcer le développement humain ainsi que la croissance équitable s’il veut atténuer sa vulnérabilité face aux chocs exogènes.
  • Le pays doit également investir dans son infrastructure économique et sociale afin que son processus d’urbanisation soit plus durable.

Grâce à l’abondance de ses ressources naturelles, l’Angola a pu attirer des flux d’investissement direct étranger et dégager une croissance solide au cours de la décennie passée. Mais, avec la chute des cours du pétrole brut, son économie a récemment subi un choc structurel de grande ampleur. De surcroît, l’évolution de ses exportations de pétrole et des cours internationaux des matières premières demeure incertaine pour les années à venir. Selon les projections, la croissance du produit intérieur brut (PIB) de l’Angola devrait rester modeste, à 3.3 % en 2016 et 3.5 % en 2017, alors qu’elle s’établissait à 3.8 % en 2015. Dans le secteur pétrolier, la croissance ressortira en moyenne à 4.0 %, tandis que, pour le reste de l’économie, on table sur une légère amélioration (3.4 %), principalement à la faveur du rebond de l’agriculture.

En janvier 2016, le gouvernement a adopté une stratégie visant à atténuer les effets de la crise du pétrole en trouvant des sources de recettes qui pourraient s’y substituer. Il escompte que l’agriculture jouera un rôle important dans le redémarrage des exportations du pays et qu’elle dégagera des recettes en devises. Cette stratégie prévoit également d’investir dans l’infrastructure, de réduire progressivement les importations, d’approfondir les réformes du secteur financier, de développer les compétences et d’améliorer l’environnement d’affaires. Sur ce dernier point, les principales mesures consistent à alléger les démarches administratives et à faciliter l’obtention d’un crédit. Nonobstant ces réformes, le cadre juridique doit encore être ajusté pour instaurer un environnement d’affaires plus propice. Les inégalités de revenus, le chômage et la pauvreté demeurent problématiques en Angola. Les déséquilibres économiques régionaux persistent également. Le pays doit procéder à des investissements transformationnels de façon à désencombrer les grandes villes et à les reconnecter avec les principaux pôles de croissance, en particulier dans les zones rurales.

Bien que l’Angola soit considéré comme un pays très urbanisé, puisque 62.3 % de sa population vivent en zone urbaine, il doit élargir les opportunités de développement humain offertes à ses habitants. Dans le cadre de son plan de développement national 2013-17, le gouvernement envisage une stratégie de développement territorial qui permettra de créer un réseau de pôles de développement. Le pays a adopté un programme national pour l’urbanisation et le logement, ainsi qu’un plan métropolitain 2015-30 pour la ville de Luanda, et il a lancé plusieurs projets d’urbanisation dans d’autres régions. L’exode rural a constitué l’un des principaux moteurs de l’urbanisation, surtout pendant les 27 années de conflit armé qui ont suivi l’indépendance, en 1975. L’Angola compte 18 provinces subdivisées en municipalités, communes, villages et villes. Suivant les cas, les pouvoirs publics se fondent sur des critères différents pour classer les zones urbaines. L’Angola doit progressivement intégrer le logement informel à ses plans d’urbanisme et à la gestion des villes, et renforcer la capacité des institutions nationales à gérer l’urbanisation ainsi que le développement urbain et rural.