L'Île Maurice et la BAD

Stratégie de la Banque pour Maurice

Approuvé par le Conseil d'administration en septembre 2009 (ADB/DB/WP/2009/146), le document de stratégie-pays (DSP) du Groupe de la Banque pour Maurice (2009-2013), expire à la fin de l'année. Conçu pour aider l'économie à affronter le ralentissement de l'activité mondiale, tout en entérinant les priorités nationales en matière de développement, il repose sur deux piliers : i) la réduction des goulots d'étranglement structurels qui entravent la compétitivité et le commerce ; ii) l’amélioration de l'efficience du secteur public et des prestations des services sociaux.

Un nouveau document de stratégie-pays (DSP) pour la période 2014-2018 est en cours d’élaboration. Cette initiative coïncide avec l'approbation, en 2012, du nouveau programme gouvernemental triennal élaboré dans le cadre de la stratégie à long terme de Maurice, baptisée "Vision 2020" et qui vise à accélérer la transition de l’économie mauricienne vers une économie à haut revenu.  Le nouveau DSP devrait s'articuler autour de deux piliers : i)  l’investissement dans les infrastructures ; ii) le renforcement de l'intégration régionale. Il couvrira la période 2014-2018 et, conformément à l'approche retenue dans la Stratégie de la Banque pour 2013-2022, sera conçu afin de soutenir les efforts actuels de Maurice en faveur d'une croissance plus inclusive et verte.

Engagements de la Banque à Maurice

Le cadre opérationnel de la Banque à Maurice vise à répondre aux besoins d'un pays à revenu intermédiaire en privilégiant les réformes, l'assistance technique, le renforcement des capacités et les connaissances. Il est axé sur l'accompagnement des efforts du secteur public en matière de développement, avec une opération d'appui budgétaire de 0,7 milliard de dollars EU, qui a été prorogée jusqu'en 2014 afin de soutenir le programme national d'investissement dans les infrastructures (10 milliards de dollars EU). En outre, des activités de renforcement des capacités financées par des dons de pays à revenu intermédiaire (PRI) – à hauteur de près de 1,8 million d'UC –, sont en cours, dans les domaines de la gestion de la dette publique, des statistiques, de l'investissement public et de l'urbanisme. Par ailleurs, le dialogue avec le pays a permis d'évoquer la possibilité d'un engagement plus important auprès du secteur privé mauricien, moyennant l'ouverture éventuelle de deux lignes de crédit accordées, respectivement, à la Mauritius Commercial Bank et à Bank One Limited. En janvier 2012, la Banque a ouvert un bureau de liaison à Maurice, afin de mieux répondre aux besoins du pays. Un spécialiste de l'investissement en partenariat public-privé et conseiller en infrastructure a été affecté à Maurice, à la demande des autorités. Par ailleurs, le rapport phare sur l'Océan indien préparé en 2012 devrait contribuer à éclairer les principaux enjeux de la compétitivité et de la croissance dans les cinq îles de la sous-région (Maurice, Madagascar, Seychelles, Comores et Réunion).

Portefeuille actif de la Banque

Depuis son premier projet dans le pays en 1975, le Groupe de la Banque a offert un appui substantiel et diversifié aux efforts de développement de Maurice. L’approbation d’un total de 37 opérations, dont 26 projets, 3 opérations d'appui aux réformes, 3 études économiques et sectorielles, et 5 lignes de crédit, représente un engagement total estimé à 1,2 milliard de dollar EU. La majorité de ces ressources (60,9 %) a servi à financer des opérations multisectorielles, et le reste se répartit comme suit : l’agriculture et le développement rural (4,5 %) ; l’eau et l’assainissement (4.5 %) ; les transports (6,2 %) ; l’énergie (1,2 %) ; le secteur social (4,9 %) ; l’industrie, les mines et carrières (4,5 %) ; et la finance (13,3 %). 

Le portefeuille actif de la Banque à Maurice représente un engagement net total de 442,6 millions d'UC. Il se compose d'un prêt d'appui  budgétaire du programme en faveur de la compétitivité et de l'efficacité du secteur public (CPSE), et de cinq opérations financées par des dons PRI dans les domaines de la gouvernance, des transports, de l'eau et de l'assainissement. En l'absence de projets à risque et avec une note globale de 2,54, la revue de la performance du portefeuille-pays effectuée en 2013 fait état d'un résultat satisfaisant par rapport à la note de 1,93 obtenue en 2008. Néanmoins, compte tenu de la taille du portefeuille, le taux moyen actuel de décaissement des financements approuvés s’avère relativement faible (28.82 % en avril 2013).