Perspectives économiques à l'île Maurice

  • L’économie de Maurice a connu une croissance de 3.7 % en 2015, légèrement supérieure aux 3.6 % enregistrés en 2014, et devrait progresser de 3.8 % en 2016 et de 4.0 % en 2017 à la faveur d’une augmentation de la demande intérieure et extérieure.
  • L’île Maurice a été classée « économie la plus performante d’Afrique » et se place au 46e rang sur 140 pays dans la dernière édition du rapport sur la compétitivité dans le monde (Global Competitiveness Report) du Forum économique mondial.
  • Le gouvernement a introduit une approche novatrice du développement urbain, reposant sur huit « villes intelligentes » et cinq technoparcs, dans une volonté de favoriser une croissance économique durable et d’améliorer la compétitivité du pays.

L’économie mauricienne a enregistré une croissance réelle de 3.7 % en 2015, en hausse par rapport aux 3.6 % de 2014. La croissance économique en 2015 a été tirée par les technologies de l’information et de la communication et le secteur de la finance et de l’assurance, qui ont progressé de respectivement 6.3 % et 5.6 %. Ces progrès ont été en partie annulés par les mauvaises performances du secteur de la construction, qui s’est contracté de 5.4 % sur la même période. Le gouvernement a maintenu une politique budgétaire expansionniste en 2015, et le déficit public s’est creusé à 4.4 % du produit intérieur brut (PIB), contre 3.2 % à la fin 2014. La Banque de Maurice a ramené le principal taux de prise en pension de 4.65 % à 4.4 % pour prendre en compte le faible rythme de la croissance et le niveau modéré de l’inflation. Les pressions inflationnistes sur l’économie nationale ont été généralement basses grâce à la stabilité des prix des produits alimentaires et à la baisse des cours internationaux des matières premières. L’inflation est ressortie à 1.3 % en décembre 2015, et devrait se maintenir entre 2.5 % et 3.0 % à court terme. Le déficit de la balance courante de Maurice est tombé à 4.9 % en 2015, contre 5.9 % en 2014, ce qui s’explique principalement par les effets du faible prix du pétrole sur les importations de marchandises et de l’essor du secteur du tourisme sur les exportations de services.

Les mesures prises au cours de la première année au pouvoir de l’Alliance Lepep (AL), conduite par Sir Anerood Jugnauth, laissent à penser que la politique du nouveau gouvernement s’attachera à favoriser une croissance inclusive et l’investissement, l’assainissement des finances publiques ne venant qu’au second plan à court terme. Les principales annonces du gouvernement à ce jour ont été sa feuille de route économique (Achieving the Second Economic Miracle and Vision 2030, août 2015) et son premier budget (Mauritius at the Crossroad, mars 2015). Ce dernier avait une nette orientation expansionniste (illustrée notamment par une augmentation des dépenses sociales), mais visait aussi dans une large mesure à attirer les investissements privés par des incitations fiscales et de grands projets d’infrastructure. Le budget contenait également une proposition visant à améliorer la transparence budgétaire en abolissant les fonds spéciaux et en renforçant la durabilité de l’économie par la création d’un fonds souverain, le Legacy Sovereign Fund. Le programme du gouvernement pour la période 2015-19 met aussi un accent tout particulier sur le développement des infrastructures et la promotion de l’« économie bleue », tout en visant simultanément à améliorer le capital humain, à l’heure où le pays cherche à faire baisser le niveau obstinément élevé du chômage, qui reste entre 8.5 % et 9.0 %.

Lors de la présentation du budget de l’État 2015/16, le gouvernement de Maurice a annoncé la mise en place du « Smart City Scheme », un régime visant à fournir aux investisseurs un cadre propice et un ensemble d’incitations fiscales et non fiscales attrayantes pour le développement de villes intelligentes partout sur l’île. Le concept de ville intelligente a pour objectif d’offrir aux investisseurs, aussi bien nationaux qu’étrangers, la possibilité de vivre dans des environnements urbains durables, commodes et agréables. Ces nouvelles villes seront construites dans un cadre dynamique fondé sur la technologie et l’innovation, où il fait « bon travailler, vivre et se divertir ».