Perspectives économiques au Mozambique

  • La croissance du PIB mozambicain s’est infléchie à 6.3 % en 2015, en raison d’une baisse des recettes d’exportation et des dépenses publiques, mais elle devrait remonter à 6.5 % en 2016.
  • Dans un climat de tensions politiques entre le gouvernement et l’opposition, il faut améliorer la gestion des finances et les dépenses publiques pour lutter contre les inégalités croissantes.
  • La proportion de Mozambicains vivant dans des villes, aujourd’hui estimée à 31 % passera à 40 % en 2040, de sorte qu’il faudra améliorer les transports et les services.

Après une décennie de croissance économique supérieure à 7 % par an en moyenne, le Mozambique a vu cette progression se ralentir à 6.3 % en 2015, alors qu’il est confronté à une situation difficile sur le plan économique et politique. Ce tassement de la croissance du produit intérieur brut (PIB) est dû à des exportations plus faibles que prévu ainsi qu’à une réduction des dépenses publiques et de l’investissement direct étranger. Une baisse des entrées en devises fortes a favorisé une dévaluation du metical (MZN) par rapport au dollar américain et eu un impact négatif sur la balance des paiements. Cette spirale négative n’a pris fin que grâce à la concession par le Fonds monétaire international (FMI) d’une facilité de crédit de soutien de 282.9 millions USD, en décembre 2015. Le déficit budgétaire a été ramené de 6.6 % en 2014 à 5.4 % en 2015. Le principal défi à court terme consiste à faire repartir la croissance tout en garantissant la viabilité des finances publiques et la soutenabilité de la dette. Les prévisions de croissance du PIB en 2016 (6.5 %) et en 2017 (7.5 %) dépendent de l’état d’avancement de projets de production de gaz et de charbon, et de la capacité à attirer les investissements étrangers.

Le gouvernement du Président Filipe Nyusi est confronté à de nombreux défis. Les négociations entre les autorités et les compagnies de gaz naturel liquéfié (GNL) sur de nouveaux projets ont duré plus longtemps que prévu, ce qui a retardé les décisions finales d’investissement désormais attendues pour la fin 2016. L’avancement des projets risque aussi d’être compromis par la baisse des cours du pétrole et du gaz. La situation politique demeure incertaine, avec la reprise d’un conflit de faible intensité entre le gouvernement et le parti d’opposition RENAMO (Resistência Nacional Moçambicana) qui refuse de reconnaître le résultat de l’élection présidentielle de 2014. Le gouvernement peine à rembourser un emprunt obligataire émis au profit de la compagnie thonière nationale EMATUM (Empresa Mocambicana de Atum), et une forme de restructuration sera nécessaire. Enfin, la dévaluation de la monnaie nationale a entraîné une montée en flèche de l’inflation, affectant les conditions de vie de l’ensemble de la population.

Il ressort des statistiques que les dépenses des ménages ont augmenté depuis 2009, mais le Mozambique a régressé au classement de l’Indice du développement humain de 2015 du Programme des Nations Unies pour le développement. Cet indice fait apparaître une augmentation des disparités entre les régions et met en évidence le sous-développement des zones rurales.

La population urbaine augmente rapidement, mais représente encore moins d’un tiers de la population totale. En valeur absolue, la croissance de la population rurale est supérieure. Le chômage est plus élevé en milieu urbain qu’en zone rurale, et une grande partie de la population urbaine n’exploite pas pleinement son potentiel économique. Les pouvoirs publics considèrent généralement l’urbanisation comme un problème plutôt que comme une opportunité, et privilégient le développement rural. Cependant, ils accordent peu à peu une attention plus grande à l’urbanisation planifiée. Les premiers projets d’aménagement urbain de l’après-indépendance sont en cours de conception et de mise en œuvre.