Perspectives économiques en Namibie

  • La croissance s’est émoussée à 4.4 % en 2015, une conséquence de la faiblesse des prix mondiaux des matières premières. Elle devrait rester modérée en 2016, la demande extérieure fragile rendant les perspectives moins favorables.
  • La stabilité politique et une bonne gestion macroéconomique donnent confiance aux investisseurs, mais l’éducation et les compétences doivent être améliorées afin de rendre l’économie plus compétitive et plus inclusive.
  • Le programme de logements publics devra être accompagné par un développement plus rapide des infrastructures urbaines et par le renforcement des centres de croissance ruraux afin de créer plus d’emplois dans les campagnes et de contenir l’essor rapide de l’exode rural.

La croissance du produit intérieur brut (PIB) s’est émoussée, passant à 4.4 % en 2015, au lieu de 6.4 % en 2014. Cette chute est due à la baisse des prix des produits de base et à une importante sécheresse. La croissance, à 4.2 % en 2016, devrait rester modérée en raison de la faiblesse de la demande extérieure, mais rebondir en 2017 quand de nouvelles mines commenceront à produire et à exporter. La chute des revenus de l’Union douanière d’Afrique australe (SACU) causée par la fragilité de l’économie sud-africaine, l’insuffisance des réserves de change et l’augmentation rapide des prix de l’immobilier constituent les principaux facteurs de risque pour l’avenir. La politique monétaire stricte, destinée à contenir l’augmentation du crédit liée aux importations de luxe et à la faiblesse des prix mondiaux du pétrole, a réduit le taux d’inflation en glissement annuel, de 5.3 % en 2014 à 3.5 % en 2015. Le taux des prises en pension a été relevé deux fois en 2015 pour atteindre les 6.5 % actuels. Cependant, une nouvelle dépréciation de la monnaie locale et une augmentation attendue des prix alimentaires due à la sécheresse devraient neutraliser les avantages de la baisse des prix mondiaux du pétrole, et risquent de pousser l’inflation à dépasser l’extrémité supérieure de la fourchette souhaitée par la banque centrale (South African Reserve Bank – SARB), de 3 à 6 %.

La stabilité politique et une gestion macroéconomique saine favorisent les investissements et maintiennent le taux de croissance élevé de la Namibie. Ses liens étroits avec l’Afrique du Sud lui permettent d’attirer plus d’investissements que la moyenne des pays d’Afrique subsaharienne. Cependant, afin d’accélérer la convergence avec les pays à revenu élevé, conformément aux grandes lignes du plan national de développement actuel, les autorités namibiennes doivent remédier aux blocages structurels restants. Après l’adoption en 2015 d’une nouvelle loi sur les marchés publics, la mise au point de la loi de gestion des finances publiques doit être accélérée afin de renforcer la gouvernance économique. L’assainissement budgétaire, qui inclut la priorisation des dépenses courantes et la rationalisation de la masse salariale du secteur public, devrait compléter les mesures de mobilisation des recettes afin d’améliorer la balance des opérations courantes et le solde budgétaire. Il faut multiplier les efforts visant à améliorer la qualité et la pertinence de l’éducation, et accentuer la lutte contre la corruption afin de retrouver la confiance du public et de renforcer le bilan du pays en terme de gouvernance efficace.

Le taux d’urbanisation de la Namibie s’est accéléré. La population urbaine, qui augmente de 4.5 % par an, est passée de 28 % de la population totale en 1991 à 43 % en 2011. Le taux d’urbanisation a dépassé le taux de croissance démographique, établi à 3.5 %. Cela a conduit à une prolifération des établissements informels dans les principales villes ainsi que dans les centres urbains. Cette situation s’explique en grande partie par la difficulté de l’accès aux terrains viabilisés et par la faiblesse des revenus des immigrants non qualifiés ou semi-qualifiés. Environ 74 % des ménages namibiens n’ont pas les moyens de payer un logement conventionnel et seulement 57 % des ménages urbains ont accès à des installations sanitaires, ce qui a des conséquences graves sur l’environnement et la santé. Le programme de logements publics actuel du gouvernement devra être complété par de meilleurs programmes de développement des infrastructures urbaines, et par un renforcement accru des pôles de croissance ruraux afin de créer des emplois en dehors des villes.