São Tomé et Príncipe et la BAD

Depuis ses premières opérations dans le pays en 1978, la Banque a largement soutenu le développement de Sao Tomé-et-Principe. En mai 2013, elle comptait à son actif 30 opérations (15 projets, 5 études et 7 interventions multisectorielles) dans le pays, d'un montant global estimé à 156 millions de dollars EU. Ces opérations se répartissent comme suit : agriculture (45 %) ; interventions multisectorielles (37 %) ; secteur social (18 %).

À l'heure actuelle, huit opérations en cours constituent le portefeuille actif de la Banque à Sao Tomé-et-Principe, représentant un engagement net total de 31 millions de dollars EU. Il s'agit d'opérations du secteur public exclusivement, co-financées par des prêts et des dons du FAD, à hauteur de 26,41 millions de dollars EU, et par une contribution de 3,7 millions de dollars EU au titre du pilier III de la Facilité en faveur des États fragiles (FEF), complétés par 0,3 million de dollars provenant de la Facilité africaine de soutien juridique (FASJ).

L'économie de Sao Tomé-et-Principe s’avère extrêmement vulnérable aux chocs exogènes, et fortement dépendante de l'aide extérieure – celle-ci finançait plus de 93 % des dépenses d'équipement inscrites au budget de l'État pour 2013. Le cadre macroéconomique de la politique budgétaire est fixé par un nouvel accord de trois ans (2012-2015) conclu avec le Fonds monétaire international (FMI) au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC). En vertu de cet accord, les autorités doivent continuer à appliquer des politiques macroéconomiques saines, et éviter de provoquer toute distorsion inutile des dépenses susceptible d’accentuer la pression sur la mobilisation des ressources intérieures. En mars 2013, à l'issue d'un premier examen, le FMI a jugé la performance macroéconomique du pays satisfaisante. En 2012, le PIB réel s'est accru de 4 %, en léger recul par rapport aux 4,9 % de croissance enregistrés en 2011, l'activité étant principalement tirée par le secteur financier, la construction, la consommation et la distribution. On table sur un taux de croissance de 5,2 % en 2013, sous l'effet d'un accroissement de l'IDE, des investissements réalisés dans le secteur pétrolier, et de la mise en chantier de grands projets d'infrastructures, notamment la création d'un port en eau profonde et d'un aéroport. En tant que membre de différents groupements régionaux, dont la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP), le pays bénéficie de l'assistance des autorités angolaises pour la réalisation de son grand projet de réhabilitation des infrastructures aéroportuaires.

Les activités actuelles de la Banque à Sao Tomé-et-Principe s'appuient sur le Document de stratégie-pays (2012-2016) approuvé en juillet 2012, et s'articulent autour d'un seul pilier, à savoir le renforcement des capacités et des institutions, en vue de préparer le pays à gérer la production pétrolière prévue à partir de 2016. La stratégie nationale s'inspire de la Vision 2012-2016, dénommée “Estrategia Nacional da Reducaõ da Pobreza II”, dont les grands axes sont les suivants : i) réforme des institutions publiques et promotion de la bonne gouvernance ; ii) croissance économique soutenue et redistributive sur le long terme ; iii) développement des ressources humaines et amélioration des services sociaux de base ; iv) renforcement de la cohésion sociale et promotion d'un développement humain durable et intégré.