Perspectives économiques en Afrique du Sud

  • La croissance du PIB de l’Afrique du Sud s’est tassée, passant de 1.5 % en 2014 à 1.3% en 2015, et devrait s’essouffler encore pour tomber à 0.7 % en 2016. Les pénuries d’électricité, la faiblesse des cours des matières premières et le manque de confiance des consommateurs et des entreprises continuent de peser sur la croissance de l’activité économique.
  • La lenteur des progrès de la fourniture de services économiques et sociaux dans les townships et les zones rurales reste l’un des principaux défis à relever pour les pouvoirs publics.
  • Les villes sud-africaines sont des pôles d’activité socio-économique dynamiques, qui présentent de fortes inégalités et d’importants risques pour l’environnement.

Les performances économiques de l’Afrique du Sud sont restées faibles en 2015, le produit intérieur brut (PIB) progressant de seulement 1.3 %. L’atonie de la croissance s’explique principalement par le ralentissement de la demande chinoise de matières premières, la faiblesse des cours mondiaux des produits de base et de l’investissement, par des flux financiers erratiques et par le manque de confiance des consommateurs et des entreprises. La croissance du PIB en volume devrait poursuivre son repli en 2016, et ressortir à 0.7 % à peine, selon les estimations. La masse salariale du secteur public progresse, tandis que la croissance économique reste très faible. La persistance des pénuries d’électricité a des répercussions sur l’économie, et la sécheresse la plus grave que le pays ait connue en vingt ans continue de dévaster l’agriculture, dont la part dans le PIB en volume a reculé de 16.2 %.

Entre décembre 2014 et décembre 2015, le rand (ZAR) a perdu plus de 30 % de sa valeur. L’inflation de l’indice des prix à la consommation (IPC) est restée en 2015 dans la fourchette cible de 3 à 6 % en glissement annuel, mais la persistance de la dépréciation monétaire et de la sécheresse continueront d’exercer des pressions sur l’IPC en 2016. Les problèmes d’approvisionnement en électricité pèsent également sur l’activité dans l’industrie, le secteur minier et les services.

Les recettes publiques ont augmenté de 8.4 % pour s’établir à 955 milliards ZAR (24.8 % du PIB) sous l’effet de la hausse de l’impôt sur le revenu, des impôts fonciers et de la taxe sur la valeur ajoutée. Les dépenses publiques se sont, quant à elles, accrues de 8 %, pour ressortir à 1 130 milliards ZAR (29.4 % du PIB). L’Afrique du Sud a durci sa politique monétaire. Face à la montée du risque d’inflation, le taux des prises en pension a été porté à 6.75 %. Malgré ce relèvement, la demande de crédit du secteur privé a progressé de 8.6% en août 2015, contre 8.0 % en juin.

Le chômage reste obstinément élevé, à 25.3 %, en particulier parmi les jeunes (52.5 % en 2015). Le fort taux de chômage, notamment chez les Sud-Africains noirs, est la principale cause du creusement des inégalités de revenus, comme en atteste l’indice de Gini à 0.69, l’un des plus élevés au monde. Pour remédier à ces problèmes, le gouvernement a dévoilé un plan en neuf points destiné à relancer la croissance, à accroître l’investissement et à créer des emplois.

Les inégalités socio-économiques continuent de menacer la stabilité à long terme. En 2015, l’héritage de l’apartheid, la piètre qualité des services et la pauvreté généralisée ont tenu une place dominante dans le discours sociopolitique. De nombreuses manifestations pour une amélioration des services publics ont éclaté en différents endroits du pays.