Perspectives économiques au Swaziland

  • La croissance économique s’est infléchie à 1.7 % en 2015, principalement en raison d’une grave sécheresse, et les perspectives restent maussades pour 2016 et 2017.
  • La situation politique est restée relativement calme depuis les élections de septembre 2013, mais le classement du pays laisse encore à désirer dans le domaine de la participation et des droits de l’homme.
  • L’urbanisation croissante a entraîné des tensions et des défis pour le développement, que le gouvernement reste déterminé à atténuer de façon à maximiser les avantages économiques et la durabilité.

La croissance du produit intérieur brut (PIB) réel a reculé, de 2.5 % en 2014 à 1.7 % en 2015. Cette décélération a principalement été favorisée par une sécheresse qui a réduit la production agricole, une baisse de régime du secteur minier, et les perspectives moroses en Afrique du Sud, principal partenaire commercial du pays. Le secteur tertiaire a également connu un ralentissement, mais son impact global a été amorti par une augmentation des investissements dans le cadre de programmes d’équipements collectifs. Les perspectives à court terme pour 2016 et 2017 restent ternes, puisque les prévisions de croissance économique demeurent inférieures à 2 % par an. Les perspectives de croissance se fondent sur une amélioration des conditions météorologiques et sur l’adoption de mesures plus énergiques pour résoudre des problèmes critiques, notamment pour améliorer le climat des affaires et diversifier les exportations. Ces mesures sont d’autant plus importantes que le pays n’est plus éligible aux avantages de la Loi sur la croissance et les opportunités économiques en Afrique (AGOA) depuis janvier 2015 et qu’il est fortement tributaire des recettes instables provenant de l’Union douanière de l’Afrique australe (SACU).

La prévalence élevée du VIH/sida et la distribution inégale des ressources figurent parmi les principaux défis sociaux. Bien que le Swaziland se classe dans la catégorie des pays à revenu intermédiaire, l’incidence de la pauvreté est élevée, puisque 63 % de la population vit en deçà du seuil de pauvreté. Les autres problèmes sont le taux de chômage élevé (28.1 %) et le piètre classement du pays sur l’Indice de développement humain (IDH), au 150e rang sur 187 pays. Le faible score IDH du pays (0.531) s’explique principalement par le taux élevé de la mortalité maternelle, le développement insuffisant des marchés du travail et la méfiance à l’égard de l’État. Au cours des trois dernières décennies, la lutte contre le VIH/sida a un peu progressé et le taux d’incidence de la maladie a évolué à la baisse, reculant de 3.1 % en 2010 à 2.23 % en 2013, puis à 1.94 % en 2015. La prévalence du VIH, de 26 % dans la tranche d’âge des 15-49 ans, est cependant parmi les plus élevées au monde, de sorte que les dépenses de santé ont augmenté et qu’un grand nombre d’enfants orphelins et vulnérables ont besoin d’une protection sociale.

Le Swaziland est l’un des plus petits pays d’Afrique, tant par sa taille que par sa population, répartie à 78 % en zone rurale et 22 % en zone urbaine. D’après les projections, la part de la population habitant en ville s’élèvera à 26.5% en 2030. Les principaux centres urbains sont Mbabane, la capitale administrative, et Manzini, le pôle commercial. Environ 75 % de la population urbaine du pays dépend de ces deux villes et du corridor qui les relie. Les villes de Manzini et Mbabane se sont développées de façon essentiellement informelle, et environ 60 % des ménages urbains du Swaziland vivent dans des établissements informels sauvages ou non desservis. De par sa position centrale, le corridor reliant Manzini à Mbabane est un axe privilégié pour les réseaux de transport assurant la liaison avec d’autres régions du pays, de sorte que la zone est surpeuplée, notamment à cause des migrations internes. Les autres problèmes découlant de l’urbanisation croissante sont l’accès insuffisant à l’assainissement et à l’électricité, la pollution de l’air et de l’eau, la gestion inadéquate des déchets et l’augmentation de la criminalité. De fortes pressions s’exercent sur les collectivités locales afin qu’elles mobilisent des ressources financières suffisantes pour remédier à ces problèmes ; or elles dépendent principalement des transferts de l’État central. Le gouvernement maintient son engagement de faire du développement urbain une priorité, grâce à des initiatives comme le Programme de développement urbain, de façon à exploiter pleinement le potentiel intrinsèque de ce segment clé de l’économie, tout en garantissant sa viabilité.