Perspectives économiques au Swaziland

- La croissance du Swaziland a marqué le pas en 2011 et devrait se détériorer à moyen terme.
- Le pays est principalement entravé par la crise budgétaire, ainsi que par la nécessité de gérer la forte volatilité de ses recettes.
- Le taux de chômage des jeunes dépassant 50 %, la création d’emplois constitue une priorité cruciale de la politique publique.
L’année 2011 a été difficile pour le Swaziland en raison de l’effondrement des transferts découlant des recettes de l’Union douanière d’Afrique australe (SACU), d’un niveau de dépenses élevé (en particulier dû aux salaires) et de la faible capacité de l’État à emprunter. La crise a conduit à des coupes dans les dépenses sociales et d’investissements, limitant la demande globale et compromettant la croissance à venir.
On anticipe une croissance de près de 150 % des recettes de la SACU sur 2012/13, puis à nouveau un recul marqué en 2013/14. Cette évolution confirme la nécessité de gérer la forte volatilité des recettes publiques, d’améliorer la mobilisation de recettes intérieures, de développer de nouvelles sources de financement, de faire reculer la corruption, de renforcer les achats publics et de dépenser les gains exceptionnels avec prudence. LeSwaziland n’a guère de marge pour sa politique monétaire du fait qu’il est membre de la zone monétaire commune. Si les goulets d’étranglement structurels et budgétaires déjà anciens dans le commerce et l’environnement d’affaires ne sont pas résolus, la croissance en 2013 et au-delà devrait rester l’une des plus faibles d’Afrique subsaharienne.
Malgré son statut de pays à revenu intermédiaire, le Swaziland connaît des niveaux élevés d’inégalités et de pauvreté (63 % de la population en 2010), ainsi que la prévalence du VIH la plus forte au monde. Compte tenu du taux de chômage élevé, surtout parmi les jeunes et les femmes, le manque d’emplois et l’absence d’esprit d’entreprise constituent des obstacles majeurs aussi bien à la prospérité qu’à la stabilité politique du pays. Une politique budgétaire axée sur la croissance devrait aller de pair avec un renforcement de la gouvernance et de l’environnement d’affaires, ainsi qu’avec un accès au crédit plus aisé pour les petites et moyennes entreprises (PME). Les réformes introduites du côté de la demande de main-d’oeuvre doivent s’accompagner d’une révision des programmes d’enseignement supérieur et de l’instauration de programmes de formation permettant d’éviter l’inadéquation et la pénurie des compétences. La crise budgétaire a mis en évidence la nécessité d’introduire des programmes de protection sociale adéquats afin d’améliorer le niveau de vie des pauvres et des personnes vulnérables.

