La Zambie et la BAD

Depuis qu’elle a lancé ses opérations en Zambie en 1971, la BAD y a engagé plus d’un milliard de dollars EU en financements de projets d’infrastructures publiques  concernant l’agriculture, l’industrie, l’eau et l’assainissement, l’énergie, le secteur social (enseignement et santé), les transports et le multisectoriel (appui budgétaire principalement). Les formes prédominantes de financement effectuées sont les prêts et subventions de projets. Des concours supplémentaires de l’ordre de 150 millions de dollars EU ont été consentis au secteur privé du pays. La Zambie a également bénéficié d’allègements de la dette totalisant 452 millions de dollars EU dans le cadre des initiatives d’allègement de la dette multilatérale pour les PPTE. 

À la fin de décembre 2015, le portefeuille de la BAD dans le pays se composait de 19 opérations en cours et approuvées (16 projets nationaux et 3 projets multilatéraux) d’une valeur totale de 633 UC (886 millions de dollars EU), par comparaison à 230 millions d’UC (322 millions de dollars EU) en 2011. Ce portefeuille est réparti à travers six secteurs : transports (47 %), agriculture (14 %), énergie (14 %), eau et l’assainissement (8 %), secteur social (7 %), secteur financier (6 %) et environnement (4 %). Plus de la moitié des ressources déployées provient du guichet de prêts de la BAD, tandis qu’environ 33 % de la valeur des projets est tiré des ressources du Fonds africain de développement (FAD). Une part de 16 % provient du Fonds spécial du Nigeria (FSN) et d’autres ressources, telles que le Fonds de développement sino-africain et de certains fonds fiduciaires.

La Banque soutient également un programme hors prêts qui a abouti à la réalisation de travaux économiques et sectoriels sur des questions variant de l’analyse de l’ajout de valeur et de la création d’emplois à la compétitivité de l’activité minière, du tourisme et de l’élevage. Entre autres récentes activités hors prêts figurent une étude de l’industrie manufacturière de la Zambie et l’établissement d’un profil du secteur privé de ce pays. Une étude sur la mobilisation de ressources domestiques a été achevée et fera prochainement l’objet d’une note de politique. L’Examen de l’efficacité du développement pour la Zambie a été publié en 2014 et fait ressortir les principales réalisations des dix dernières années. Les travaux actuels concernent la définition d’un plan directeur pour les transports (en cours), une étude des coûts de l’électrification (remise en adjudication), une analyse des perspectives de la création de lotissements agricoles et une étude sur le commerce entre la Zambie et la RDC (toutes deux en projet).

En janvier 2011, le gouvernement zambien a lancé le Sixième Plan de développement national, couvrant la période de 2011 à 2015. Le nouveau gouvernement entré en fonction à la fin de 2011 y a apporté des révisions, promulguant ainsi le Sixième plan de développement national révisé pour la période de 2013 à 2016 prenant fin au terme du mandat de ce gouvernement. Ce plan révisé prévoit quatre objectifs de grande envergure pour le développement du pays : promotion de l’emploi et création d’emplois par des investissements ciblés et stratégiques dans des secteurs sélectionnés ; promotion du développement rural par un soutien à l’agriculture et aux entreprises et infrastructures rurales ; relèvement du développement humain par des investissements dans le secteur social ; et accélération du développement des infrastructures pour appuyer le potentiel de croissance de l’économie. Le plan retient l’agriculture, les manufactures, l’énergie, la construction, le tourisme et l’extraction minière comme secteurs stratégiques de croissance. L’agriculture est le premier donneur d’emplois du pays, tandis que des infrastructures fiables et efficaces jouent un rôle vital pour un développement économique et social susceptible de promouvoir la croissance pour tous.

La Stratégie pays 2011-2015 de la BAD pour la Zambie est arrivée à expiration en décembre 2015. Ses principaux piliers étaient le Pilier 1, Diversification par le développement des infrastructures, et le Pilier 2, Gouvernance économique et financière. Un Rapport d’achèvement du Document de stratégie pays (DSP), actuellement sous revue interne, sera publié en avril 2016. Le DSP 2016-2020 sera préparé pendant les second et troisième trimestres de 2016. À partir de notre analyse, on peut s’attendre à ce que la future stratégie mette l’accent sur le développement du secteur privé en raison de son importance pour la création d’emplois au profit de centaines de milliers de Zambiens et pour l’amélioration de leur bien-être et de leur qualité de vie. La remise en état et l’expansion d’infrastructures constitueront vraisemblablement l’autre pilier, du fait de leur importance vitale pour le développement économique et social. Cependant, de grandes lacunes subsisteront dans ce domaine. Les buts globaux de la stratégie seront de rendre la croissance plus inclusive tout en établissant des bases robustes et durables (plus vertes) pour une croissance à long terme. La stratégie est agencée de façon à aider la Zambie à connaître une croissance économique durable tout en diversifiant son économie et en renforçant sa compétitivité.

La Stratégie pays 2011-2015 de la Banque pour la Zambie a couvert deux cycles de soutien du FAD, soit, les FAD 12 et 13. Sous le FAD-12, les allocations fondées sur la performance pour les trois années couvertes ont été légèrement supérieures à 101 millions d’UC (141 millions de dollars EU). En 2014, la Zambie a été reclassée comme pays pouvant prétendre à un financement mixte, ce qui lui a donné accès à des ressources considérables en provenance de la BAD. Le gouvernement avait initialement opté pour passer rapidement à un financement BAD exclusif, mais en raison des vents contraires de sa conjoncture économique, il a informé la Banque que la transition prendrait plus de temps. Du fait du reclassement, l’allocation du FAD-13 à la Zambie a été réduite à 21 millions d’UC (29 millions de dollars EU).