Perspectives économiques en Zambie

  • La Zambie est confrontée à sa pire crise économique en plus de dix ans, à cause de l’effondrement des cours du cuivre, de la pression sur le budget de fonctionnement et d’investissement de l’État, et des pénuries d’électricité qui affectent l’économie réelle.
  • Un amendement constitutionnel a fixé la date des élections nationales de 2016 au 11 août et introduit quelques nouveautés : Il faut désormais obtenir au moins 50 % des voix pour être élu et les candidats doivent se présenter avec un colistier, comme vice-président.
  • En 2015, la croissance urbaine s’est poursuivie au rythme de 42 % selon les estimations, les ruraux affluant vers les villes pour y chercher un emploi ou des opportunités économiques.

 En 2015, l’économie zambienne a traversé une mauvaise passe, dont le point de départ a été une forte hausse des dépenses et un déficit budgétaire qui a plus que doublé en 2013. Sous l’effet du ralentissement de la demande de la Chine, les cours du cuivre sont tombés à leur plus bas niveau en plus de sept ans. Cette situation a été exacerbée par la faiblesse de la production agricole et par l’aggravation de la pénurie d’électricité. La croissance de l’économie réelle est tombée à son plus bas niveau en 15 ans : d’après les estimations, la croissance du produit intérieur brut (PIB) a reculé à 3.7 %, contre 5 % en 2014. La production de maïs a diminué de 22 % en raison du manque de pluie, et les cours du cuivre ont chuté de 28 % ; en revanche la production minière est restée pratiquement inchangée par rapport à 2014. La croissance devrait rester faible à moyen terme car le pays reste déficitaire en énergie électrique et tributaire d’importations à des pays voisins pour couvrir ses besoins. On s’attend à une campagne agricole décevante en 2016 en raison des effets du phénomène climatique El Niño. De plus, les élections prévues pour 2016 accentueront la pression sur les dépenses publiques. Les cours du cuivre ne devraient pas remonter car l’offre mondiale est suffisante pour répondre à la demande.

La pénurie d’électricité qui sévit depuis juin 2015 affecte l’industrie manufacturière et d’autres secteurs de l’économie. Ce déficit, estimé à 40-50 % de la charge de base, oblige à pratiquer d’importants délestages chaque jour. Les entreprises ont dû investir dans des générateurs au diesel, ce qui a augmenté leurs coûts d’exploitation, et cette hausse s’est répercutée sur les consommateurs. La confiance dans l’économie est en berne et la monnaie nationale, le kwacha (ZMW), s’est dépréciée de 42 % par rapport au dollar des États-Unis (USD), si bien que l’inflation atteignait 21 % en fin d’année. Le ralentissement de l’activité économique a entraîné plus de 9 000 pertes d’emplois dans le secteur privé formel.

En 2010, 60 % des Zambiens vivaient en zone rurale. Or, d’après les projections officielles, le taux d’urbanisation atteindra 45 % en 2025. La capitale, Lusaka, et d’autres grandes villes minières sont les principaux contributeurs au PIB du pays. L’urbanisation résulte à la fois de la croissance démographique naturelle et de l’exode rural.