Perspectives économiques au Zimbabwe

  • La croissance économique a reculé de 3.8 % en 2014 à 1.5 % selon les estimations en 2015, sous l’effet combiné de la faible demande intérieure, de la dette publique élevée, des restrictions de liquidité, de la sécheresse, de l’insuffisance des infrastructures, de la faiblesse des institutions et de la surévaluation du taux de change, et l’on prévoit des taux d’inflation négatifs en 2016 et 2017.
  • Selon le Rapport de la Banque mondiale Doing Business 2016, l’environnement des affaires s’est amélioré, et le pays a gagné seize places pour se classer 155e sur 189 pays.
  • Au Zimbabwe, le processus d’urbanisation s’est inversé ces dernières années, à cause de la récession qui réduit les opportunités économiques dans les villes.

La croissance du produit intérieur brut (PIB) a reculé, de 3.8 % en 2014 à 1.5 % selon les estimations en 2015, mais elle devrait remonter légèrement pour s’établir à 1.6 % en 2016, grâce à une expansion attendue des secteurs du tourisme, de la construction et des finances. Le niveau décevant des recettes publiques et les dépenses de fonctionnement élevées continuent de restreindre l’espace budgétaire.

La dépréciation du rand sud-africain par rapport au dollar américain (USD) a entraîné une baisse des prix des produits importés d’Afrique du Sud. Cette tendance, conjuguée à la faible demande intérieure, aux restrictions de liquidité et au recul des cours mondiaux du pétrole brut et des denrées alimentaires, a engendré une inflation négative. L’inflation annuelle a reculé en moyenne de -0.2 % en 2014 à -2 % en 2015. L’inflation devrait rester négative en 2016 et 2017.

Le pays est toujours asphyxié par la dette, une situation exacerbée par l’étroitesse de sa base d’exportation et par une baisse des termes de l’échange qui réduisent sa capacité d’ajustement à l’évolution de la demande mondiale de biens exportables. En raison de ces faiblesses structurelles, le pays n’a pas été en mesure de générer la croissance forte et durable nécessaire pour atténuer son surendettement. Par ailleurs, la position extérieure du Zimbabwe devrait rester très précaire à moyen terme, du fait de ses piètres performances à l’exportation et à l’importation dans un contexte d’appréciation du dollar américain. Pour renforcer le cadre juridique et institutionnel de la gestion de la dette, une loi a été promulguée en septembre 2015 (Public Debt Management Act).

L’espace budgétaire demeure restreint en raison de la faiblesse des recettes intérieures, de l’augmentation des dépenses publiques, du recul des exportations, et de l’insuffisance de l’investissement direct étranger et des entrées de capitaux dans le pays. Cette situation a eu un impact négatif sur les dépenses de développement et sur les prestations de services sociaux dans les zones urbaines comme dans les zones rurales, ce qui a aggravé l’incidence de la pauvreté. Le financement du développement urbain, en termes de logement et de transport, a été affecté.