Perspectives économiques au Cap-Vert

  • Le Cabo Verde a enregistré une augmentation de la croissance de son PIB réel à 3.6 % en 2015, contre 1.8 % en 2014 et 0.8 % en 2013, sous l’effet de l’augmentation des recettes touristiques, de l’amélioration de la demande intérieure et de la persistance de prix faibles dans le secteur de l’énergie. Cependant, les performances économiques du pays restent insuffisantes à cause de la déflation et d’un taux de chômage élevé.
  • Même si le déficit public a été sensiblement réduit, l’assainissement budgétaire demeure une priorité pour atténuer le risque de surendettement du pays, rassurer les investisseurs et préserver la stabilité macroéconomique.
  • Malgré l’insularité et une population inégalement répartie, le renouvellement urbain peut favoriser la transformation structurelle en apportant aux entrepreneurs informels et aux microentrepreneurs des opportunités d’améliorer leurs activités et d’élargir leurs marchés.

L’économie du Cabo Verde peine à se redresser en raison de vulnérabilités intérieures et du manque de vigueur de l’économie mondiale. Le tourisme et les investissements étrangers liés à ce secteur, notamment la construction, sont toujours les principaux moteurs de la croissance. Celle-ci a avoisiné 3.6 % en 2015 (contre 1.8 % en 2014 et 0.8 % en 2013) à la faveur de la reprise des investissements directs étrangers (IDE), en hausse de 13 % en 2014, surtout dans le tourisme. Néanmoins, l’activité économique n’a pas encore atteint son potentiel. À long terme, la croissance dépendra non seulement de l’efficience du secteur public, mais aussi des gains de productivité. En 2016 et en 2017, elle devrait ressortir, en moyenne, à 4 %, soit un taux inférieur à celui de la période d’expansion qui a précédé la crise financière mondiale.

En 2015, la situation budgétaire s’est légèrement améliorée avec le retrait progressif du programme d’investissements publics, mais elle demeure fragile. Le déficit global des comptes de l’État central devrait tomber à 4.5 % (contre 7.4% en 2014), puis à 4 % en 2016. Pour que sa dette reste soutenable et étant donné la nécessité de dynamiser sa croissance économique, le Cabo Verde doit aussi s’attacher à définir une politique publique appropriée. En 2015, la dette publique devrait s’alourdir et représenter 118 % du PIB, contre 94.7 % en 2013. Bien qu’élevée (76.2 % de l’endettement total en 2015), la dette publique extérieure demeure principalement concessionnelle et, d’après les indicateurs, le pays pourra continuer de faire face à ses obligations de remboursement.

Le Cabo Verde compte actuellement 514 000 habitants, dont 65 % vivent en zone urbaine. Cette forte urbanisation s’explique principalement par l’exode rural et, malgré les problèmes sociaux dont elle s’accompagne, elle offre aux entrepreneurs informels et aux microentrepreneurs des opportunités d’améliorer leurs activités et d’élargir leurs marchés. Le taux d’alphabétisation remarquablement élevé (supérieur à 85 %) a permis au Cabo Verde de créer les conditions nécessaires à un décollage de son économie tiré par une population urbaine nombreuse et dotée de qualifications qui répondent aux besoins d’un secteur privé compétitif. Le renouvellement urbain pourrait donc être un important moteur de la transformation structurelle dans les années à venir.