Perspectives économiques en Côte d'Ivoire

  • Dans un contexte de forte production agricole, d’amélioration du climat des affaires et de retour des investissements, mais également un environnement international incertain, la Côte d’Ivoire enregistre sa 4e année consécutive de croissance forte, tendance qui devrait se poursuivre en 2016 comme en 2017.
  • L’élection présidentielle d’octobre 2015, qui a vu la réélection du président sortant, s’est déroulée sans incident et constitue une étape importante dans le processus de consolidation de la paix et de la confiance économique en Côte d’Ivoire.
  • L’apparition des villes a été façonnée par l’expansion spatiale des ressources naturelles d’exportation, mais ces centres urbains sont peu attractifs en raison, notamment, de la faiblesse du réseau électrique, d’une offre logistique limitée, et de la fragmentation des politiques régionales.

La croissance économique est restée robuste malgré un environnement international incertain. La performance économique de 2015, estimée à 8.8 % par la Banque africaine de développement (BAfD), se situe dans la lignée de celles de 2013 (8.7 %) et 2014 (7.9 %). Cette croissance est tirée par l’agriculture, les investissements, les services et l’amélioration du climat des affaires. Ces bonnes performances devraient se poursuivre en 2016 et en 2017 avec des taux de croissance estimés à 8.6 % et 8.3 % respectivement. S’appuyant sur le succès du Plan national de développement (PND) 2012-2015, le gouvernement entend maintenir le cap pour faire de la Côte d’Ivoire un pays émergent en 2020, tout en rendant la croissance plus inclusive.

La politique budgétaire est marquée par l’augmentation des investissements et la prise en charge des autres besoins de développement dans un contexte post-conflit. Le solde primaire est pratiquement à l’équilibre en 2014 et 2015, tandis que le déficit global se situe aux alentours de 3 % du produit intérieur brut (PIB). Le taux d’inflation se situe à 1.5 % en 2015, les crédits au secteur privé se sont améliorés et les réserves extérieures consolidées. Le creusement des déficits des comptes courants, qui passent de -2.5 % du PIB en 2015 à -3 % en 2016, découlent d’une hausse des investissements dans les secteurs d’exportation et dans les infrastructures.

L’amélioration du climat des affaires et de l’environnement macroéconomique a facilité l’augmentation des investissements (création d’entreprises, afflux d’investissements directs étrangers [IDE], etc.), ainsi que le développement de partenariats public-privé (PPP), dont la mise en œuvre doit être améliorée afin d’équilibrer le partage des risques. Toutefois, des problèmes persistent en matière d’accès à la propriété foncière, de fiscalité et d’accès au financement.

Sur le plan politique, l’élection présidentielle d’octobre 2015 a constitué une étape charnière pour la consolidation de la paix. Le président sortant, Alassane Ouattara, a été réélu au premier tour avec 83.7 % des voix. Les principaux défis du nouveau quinquennat sont d’assurer la cohésion sociale, de consolider le climat d’apaisement et de renforcer le système judiciaire. Sur le plan social, les accès à la santé et à l’éducation ont été améliorés.

Le recensement de 2014 indique que 49.7 % de la population vit en milieu urbain, dont 19.4 % à Abidjan où se concentre l’essentiel des activités économiques. À l’exception d’Abidjan, les villes manquent d’attractivité du fait de l’absence de schéma d’aménagement. Trois projets en cours sont de nature à influencer les dynamiques urbaines : les investissements pour doubler la production d’électricité d’ici 2020 ; la stratégie d’urbanisation du district d’Abidjan ; et l’aménagement du corridor routier Bamako–San-Pedro.