Perspectives économiques au Ghana

  • Après s’être ralentie, de 4.0 % en 2014 à 3.7 % en 2015, la croissance économique du Ghana devrait repartir à la hausse pour atteindre 5.8 % en 2016 et 8.7 % en 2017, grâce au renforcement de la stabilité macro-économique et aux mesures prises pour résoudre la crise énergétique qui paralyse le pays.
  • Les politiques de rigueur monétaire et budgétaire mises en place en 2015 devraient être maintenues en 2016, conformément aux réformes d’assainissement engagées par le Ghana en prévision des élections nationales de la fin 2016.
  • Le pays continue d’être confronté à une urbanisation rapide qui a créé un certain nombre de contraintes pour le développement durable, en particulier dans le domaine des infrastructures d’assainissement et de transport.

En 2015, la croissance de l’économie ghanéenne est ressortie à 3.7 %(estimation), en recul par rapport aux 4 % de 2014. Ce ralentissement est imputable à divers problèmes économiques, pour l’essentiel déjà présents en 2014 : trois ans de crise énergétique, accroissement du déficit budgétaire et de la dette publique, important déficit du secteur extérieur et baisse imprévisible des cours mondiaux pour les exportations de pétrole et d’or du pays. Le secteur des services a été le principal moteur de la croissance. Le secteur industriel a, lui aussi, affiché un taux de croissance positif, à 9.1 %. À moyen terme, on prévoit une reprise de l’activité, avec un taux de croissance de 5.8 % en 2016 et de 8.7 % en 2017. La reprise de la croissance économique prévue pour 2016/17 dépend de la poursuite des mesures d’assainissement budgétaire, de la résolution rapide de la crise énergétique, de l’entrée en production de deux nouveaux puits de pétrole et de l’amélioration des productions de cacao et d’or.

En 2015, le Ghana a maintenu sa politique de rigueur monétaire et budgétaire. Le programme d’assainissement des finances publiques avait pour objectif de faire face aux pressions de la demande principalement exacerbées par la masse salariale et le service de la dette publique, qui absorbent l’essentiel des recettes non affectées. La politique monétaire de 2015 a été encore durcie par des mesures visant à contenir la hausse de l’inflation et la dépréciation de la monnaie nationale. Pour remédier à ces problèmes, le Ghana a conclu en avril 2015 un accord triennal avec le Fonds monétaire international (FMI) reposant sur une Facilité élargie de crédit (FEC), passant avec succès deux revues conduites au titre du programme. Grâce à l’assainissement des finances publiques, les conclusions des revues devraient également être satisfaisantes en 2016. Les élections nationales auront lieu fin 2016. Il est essentiel que le scrutin se déroule de façon paisible et transparente pour garantir la continuité de l’action publique et conforter la réputation de modèle démocratique du pays, en particulier après les élections présidentielles de 2012, dont le résultat avait été vivement contesté par l’opposition qui avait déposé un recours devant la justice.

En 2010, plus de la moitié des Ghanéens vivaient dans des zones urbaines (agglomérations d’au moins 5 000 habitants), contre 30 % à l’indépendance, en 1957. Le taux d’urbanisation devrait passer à 72 % en 2035. Si les disparités entre zones rurales et urbaines sont encore importantes, certains signes indiquent que les villes sont confrontées à d’énormes problèmes liés à l’occupation des sols, aux infrastructures et aux prestations de services (plus particulièrement dans les domaines du logement, de l’assainissement et des transports), ainsi qu’à l’absence d’emplois rémunérateurs et productifs, surtout pour les jeunes. Le principal défi a été de garantir un aménagement, une coordination et une planification de l’espace ordonnés et durables et de faire en sorte que les autorités métropolitaines et municipales puissent s’assurer des ressources suffisantes pour financer les infrastructures et les services.