La Guinée et la BAD

La coopération entre la Banque africaine de développement (BAD) et la Guinée remonte à 1972 et jouit d’une histoire riche et profonde.

Depuis cette époque, la Banque dispose d’un portefeuille de projets, largement dominé par le secteur des infrastructures/énergie, le multi-secteur, le secteur social et l’agriculture. Au 1er octobre 2011 le portefeuille actif comprend dix (10) opérations, pour un montant total net de 112 millions d’Euros. Cette répartition sectorielle, s’explique par les orientations stratégiques du pays, notamment la priorité donnée par les nouvelles autorités au secteur de l’énergie.

La croissance du PIB de la Guinée a été de 1,9% en 2010. Dans ce contexte de faibles performances économiques, de faible mobilisation des recettes intérieures et de suspension de l’aide extérieure suite à la crise politique de 2009-2010, les autorités ont eu recours au financement bancaire, à l’accumulation des arriérés de paiement internes et externes et à la création monétaire pour financer les dépenses courantes.

Malgré ces difficultés, de bonnes perspectives ont été perçues à partir de 2012, avec un taux de 5,1% et 5,7% en 2013. Selon les Perspectives économiques pour l’Afrique 2011 (PEA) de la Banque, le retour de l’ordre constitutionnel, la restauration de la confiance de la part des partenaires au développement et le renforcement de la stabilité dans la sous-région, devraient accélérer le rythme de l’investissement privé (14% en moyenne entre 2011 et 2012). Le pays devrait également tirer profit de la hausse des prix mondiaux de l’aluminium et, surtout, de l’or. La reprise dans le secteur minier aura des effets d’entraînement sur les secteurs de la construction, des services ainsi que sur les recettes fiscales. Les effets d’entrainement pourraient également toucher le secteur agricole, les infrastructures et les équipements collectifs (communication et énergie). Ce redressement devrait s’accompagner d’une maîtrise graduelle de l’inflation dont le taux pourrait décélérer de 17% en 2011 à 5,6% en 2013 et d’une maitrise du déficit budgétaire hors dons qui devrait passer de 5,9% en 2011 à 1,4% en 2014.

Ces perspectives sont en outre renforcées par (i) les retombées de l’accord transactionnel avec la compagnie australienne ‘Rio Tinto’ qui a permis au trésor d’engranger 700 millions de dollars de recettes exceptionnelles, (ii) des perspectives d‘atteindre le point d’achèvement de l’Initiative pour les pays pauvres très endettés (IPPTE) en 2012 qui devrait libérer le budget de l’Etat d’une large part de la dette extérieure et (iii) de la stabilisation politique retrouvée dans la sous-région notamment en Côte d’Ivoire et au Liberia.