Perspectives économiques au Mali

  • L’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, signé les 15 mai et 20 juin 2015, a permis de stabiliser la situation politique, mais la situation sécuritaire reste encore fragile.
  • La croissance s’est ralentie en 2015, avec un taux estimé à 5.2 % contre 5.8 % en 2014, mais la reprise économique amorcée après la crise de 2012 a permis un léger recul du taux de pauvreté, passé de 47.1 % en 2013 à 46.9 % en 2014.
  • Le taux de croissance démographique (3.6 %) reste élevé, mais le Mali s’est engagé, à travers la politique nationale de la ville, à améliorer la qualité de la vie citadine, consolider les économies locales, lutter contre le sous-emploi et la pauvreté, favoriser l’expression des diversités socioculturelles et renforcer la citoyenneté locale.

L’année 2015 a été marquée par le ralentissement de l’activité économique, avec un taux de croissance réel du produit intérieur brut (PIB) estimé à 5.2 %, contre 5.8 % en 2014. Cette baisse est due aux contreperformances du secteur agricole, qui a enregistré une croissance de 3.9 % en 2015, contre 14.8 % en 2014. Le secteur secondaire a également connu une baisse significative, enregistrant une croissance à 2.6 %, contre 9.2 % en 2014. Dans l’industrie agroalimentaire, surtout dominée par les huileries, la croissance est notamment passée de 35 % en 2014 à 18 % en 2015. Une diminution qui s’explique par la mauvaise performance du secteur agricole, en particulier du secteur cotonnier. En revanche, le regain d’activité se poursuit dans le secteur tertiaire, avec un taux de croissance de 6.9 % en 2015, contre 3.6 % en 2014. Le déficit du compte courant (dons compris) s’est amélioré, pour atteindre 3.6 % du PIB en 2015, alors qu’il était de 5.7 % en 2014. Ce résultat résulte de la baisse des prix des produits pétroliers et de l’augmentation du volume des exportations d’or. D’où une amélioration des termes de l’échange en 2015 (15.2 %), contre 5.3 % en 2014. Le déficit du compte courant devrait être entièrement financé par les investissements directs étrangers (IDE) dans les secteurs de l’or et des télécommunications, et par l’aide extérieure sous forme de prêts.

Les perspectives macroéconomiques à moyen terme sont bonnes : la croissance devrait se situer respectivement à 5.2 % et 5.0 % en 2016 et 2017, soutenue en partie par une augmentation de l’investissement public et une aide des bailleurs de fonds. La croissance devrait être tirée par les secteurs agricole et tertiaire. En revanche, les analystes s’attendent à une aggravation du déficit des transactions courantes (dons compris), qui devrait atteindre respectivement 4.1 % et 5.2 % du PIB en 2016 et 2017. En cause, la baisse de la production d’or et la détérioration des termes de l’échange. Le financement du déficit devrait de nouveau être assuré par des IDE dans les secteurs de l’or et des télécommunications, et par l’aide extérieure sous forme de prêts. Les bonnes perspectives, toutefois, pourraient être compromises par des risques persistants : fragilité de la situation sécuritaire, volatilité des cours de l’or et du coton, mauvaises conditions pluviométriques.

Dans le cadre de l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), le Mali a réalisé, ces dernières années, des progrès pour les indicateurs suivants : scolarisation primaire universelle (OMD 2), contrôle du VIH/sida (OMD 6) et accès à une source d’eau potable (OMD 7). La crise sécuritaire a cependant fragilisé ces progrès. Ils devront être consolidés dans le cadre de la mise en œuvre des objectifs de développement durable auxquels le pays a également souscrit pour la période 2015-30.

La situation humanitaire reste toujours préoccupante dans le Nord, en particulier pour les personnes dépendant de l’assistance humanitaire (2.5 millions), des déplacés internes (62 000) et des réfugiés (140 000). Ces conditions difficiles n’ont pas empêché le retour de 423 427 réfugiés et déplacés dans la région. Pour couvrir les besoins des personnes vulnérables, les acteurs humanitaires ont élaboré le plan de réponse humanitaire 2016, estimé à 354 millions USD (dollars américains).