Perspectives économiques au Niger

  • La croissance économique du Niger a connu une décélération en 2015 pour s’établir à 3.6 % contre 7.0 % en 2014, sous l’effet des aléas climatiques et de la baisse continue du cours de l’uranium et du pétrole; la croissance repartirait toutefois en 2016 et 2017, avec des estimations de respectivement 5.0 % et 5.5 %.
  • La persistance du facteur Boko Haram, ses implications sur les échanges et les difficultés à gérer les flux de réfugiés constituent un important défi, à la fois économique, sécuritaire, social et budgétaire.
  • Faiblement urbanisé (16.2 %) mais avec une forte croissance urbaine (+4 % par an en moyenne), le Niger est caractérisé par un déficit en infrastructures urbaines: logements, eau, électricité, mais aussi les services aux entreprises et aux ménages.

La croissance économique du Niger a connu une décélération en 2015, pour s’établir à 3.6 % après 7.0 % en 2014. Les aléas climatiques, le ralentissement des activités dans la zone de Diffa – affectée par la lutte contre Boko Haram – ainsi que la baisse du cours de l’uranium expliquent cette contre-performance. L’agriculture continue d’être le moteur de la croissance du pays. Cependant, cette agriculture est essentiellement pluviale et donc soumise aux aléas climatiques, si bien que la variation cyclique de la pluviométrie induit une forte vulnérabilité de l’économie nigérienne aux chocs climatiques. Les perspectives économiques sont relativement favorables, du fait notamment de la croissance attendue des industries extractives et de l’augmentation des investissements publics d’aménagement agricole et de transport. La croissance repartirait ainsi à 5.0 % en 2016, avant de s’afficher à 5.5 % en 2017.

Les chocs sécuritaires et humanitaires liés à l’intensification des attaques de Boko Haram ont eu un impact négatif sur l’exécution du budget. Ils pourraient affecter le rythme des réformes et la mise en œuvre de programmes de développement importants pour le Niger, tels que prévus dans le Programme de développement économique et social (PDES) 2012-15 et dans le programme qui doit lui succéder. La forte croissance des dépenses visant à renforcer le dispositif sécuritaire national a imprimé une hausse aux dépenses courantes. Dans ce contexte, il devient important de maintenir le rythme des dépenses d’infrastructures nécessaires au développement des régions enclavées, afin de réduire ainsi les sources de fragilité qui alimentent l’extrémisme.

Le Niger est un vaste pays enclavé de 1 267 000 km² et faiblement urbanisé. Son taux d’urbanisation était estimé à 16.2 % en 2012, taux qui a connu une légère augmentation d’un point de pourcentage depuis 1988 (15.2 %). Au rythme actuel de croissance (+4 % par an en moyenne), la population urbaine aura doublé dans les quinze prochaines années. Cependant, cette croissance urbaine ne s’est pas accompagnée de la réalisation des infrastructures requises (logements, eau, électricité, services aux entreprises et aux ménages). Il en résulte des inégalités élevées en milieu urbain. Le principal risque associé aux tendances actuelles de l’urbanisation est l’accroissement de quartiers non-planifiés dans les zones urbaines et péri-urbaines. Le Niger a toutefois mis en place en 2004 un cadre institutionnel et juridique pour le développement urbain – la Stratégie nationale de développement urbain (SNDU) – et s’est doté de divers instruments pour mettre en œuvre cette stratégie. Cependant, sa mise en œuvre reste limitée.