Perspectives économiques au Nigéria

  • Le Nigéria affiche un faible taux de croissance économique depuis la fin de 2015. D’après les estimations, ce taux est tombé à 3 % en décembre 2015, ce qui a poussé les autorités à adopter un budget expansionniste pour 2016, dans l’espoir de stimuler l’économie nationale.
  • La politique de développement du nouveau gouvernement, en place depuis le 29 mai 2015, est axée sur la sécurité, la lutte contre la corruption et l’amélioration de la protection sociale.
  • Le pays s’urbanise à un rythme soutenu et les villes en expansion rapide, telles que Lagos et Kano, sont confrontées à la montée du chômage et au creusement des inégalités de revenus, sous l’effet d’un développement urbain anarchique et d’un manque d’interactions entre la transformation structurelle et l’urbanisation.

L’économie nigériane pâtit des chocs externes, en particulier de la baisse du cours mondial du pétrole brut. La croissance a nettement ralenti, refluant de 6.2 % en 2014 à 3.0 % (estimation) en 2015, tandis que l’inflation est passée de 7.8 % à 9.0 % (estimation). Cette tendance est principalement due à l’essoufflement de l’activité économique, en raison du manque de recettes en devises, et elle est aggravée par les restrictions ciblées qui pèsent sur 41 produits importés, dont certains sont des facteurs de production pour l’industrie manufacturière et l’agroalimentaire. Il en résulte des baisses de production et des réductions d’effectifs dans certains secteurs. Cependant, étant donné les inquiétudes de plus en plus grandes que suscite le recul de la croissance, la Banque centrale a abaissé le coût de l’emprunt, pour le secteur public et pour le secteur privé, afin de stimuler l’économie.

En 2016, le Nigéria devrait connaître une lente reprise économique, car certaines des réformes commencent à produire des effets et les mesures destinées à insuffler un élan à l’économie, notamment l’augmentation des dépenses d’infrastructure, sont mises en œuvre. Plusieurs réformes spécifiques que le nouveau gouvernement a engagées en vue de permettre le retour de la croissance sont salutaires. Les plus importantes visent à rationaliser le secteur public pour réduire le coût de la gouvernance, à instaurer un compte de trésorerie unique pour empêcher les fuites de capitaux, à renforcer la lutte contre l’évasion fiscale, à préparer l’introduction de la méthode du budget base zéro en 2016 et à porter le ratio dépenses en capital/dépenses récurrentes à 30/70.

L’insécurité reste un problème majeur, surtout dans le nord-est du pays. Malgré le renforcement des interventions contre le groupe Boko Haram, la situation humanitaire ne cesse de se dégrader. On estime que plus de deux millions de personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays en raison de ce conflit. Néanmoins, ces populations déplacées se retrouvent principalement dans les villes, où les conditions de sécurité sont meilleures. Tant les pouvoirs publics que les partenaires au développement continuent d’explorer des solutions pour remédier à la situation.

La transformation structurelle ne pourra permettre de créer des villes durables que si l’urbanisme repose sur une approche intégrée. Il est prévu que le ministère fédéral de l’Énergie, des Travaux publics et du Logement réexamine la politique de développement urbain et travaille avec d’autres ministères pour améliorer les services publics et pour définir une trajectoire qui mettra à profit les opportunités liées à l’expansion urbaine au Nigéria. La ville de Lagos, l’une des sept mégapoles d’Afrique, offre de grandes opportunités pour l’innovation et la création d’emplois dans différents secteurs : construction, technologies de l’information et de la communication (TIC) et commerce de détail, notamment.