Perspectives économiques au Togo

  • Le financement des infrastructures, tout en soutenant la croissance de 5.5 % en 2015, a entraîné une augmentation de la dette publique, passée de 46.0 % du PIB en 2012 à 62.5 % en 2015.
  • Le nombre de jours requis pour créer légalement une entreprise est passé de 38 jours en 2012 à 19 jours en 2013, puis à 10 jours en 2014 et 2015.
  • Le système foncier du Togo ne s’est pas adapté au développement des villes et des échanges, devenant ainsi le plus lent d’Afrique avec 288 jours requis pour transférer une propriété.

Démarrés en 2010, d’importants investissements publics dans les infrastructures se sont poursuivis, mais à un rythme ralenti en 2015. La pluviométrie variable en 2015 a par ailleurs freiné le dynamisme de la filière agricole. C’est ainsi que la croissance a légèrement décéléré de 5.9 % en 2014 à 5.5 % en 2015. Le secteur agricole qui a été le principal facteur de croissance du PIB en 2014 avec une contribution de 3.7 points de pourcentage a vu sa contribution se réduire à 0.7 point en 2015. En 2016, la production de phosphate, de clinker et de coton devrait augmenter. La Société d’exploitation de calcaire et de production de ciment (Scanmines) atteindra sa vitesse de croisière en 2016. La poursuite des réformes menées pour renforcer les règles de la concurrence dans les branches de l’hôtellerie, de l’électricité, des banques et des télécommunications, combinée avec le soutien à l’agriculture et aux industries extractives, devrait soutenir la croissance, projetée à 5.9 % en 2016 et 6.0 % en 2017.

Ces cinq dernières années, le financement des investissements publics, tout en alimentant la croissance, a entraîné une augmentation de la dette publique, passée de 46.0 % du PIB en 2012 à 62.5 % en 2015. Les intérêts payés sur la dette intérieure en 2015 sont estimés à 26 milliards de franc CFA BCEAO (XOF), soit au moins trois fois plus élevés que ceux payés sur la dette extérieure. Le Fonds monétaire international (FMI) indique que le Togo court un risque accru d’accumulation de dette publique. Les recettes fiscales ont connu une progression significative ces deux dernières années, grâce à la discipline dans la collecte de taxes par l’Office togolais des recettes (OTR), créé à cet effet. Ces recettes fiscales sont en hausse de 13.6 % en 2014 et de 4.8 % en 2015 pour atteindre 480.4 milliards XOF, soit 20.2 % du PIB. Par ailleurs, l’année 2015 a été marquée par la création de la Haute autorité de prévention et de lutte contre la corruption et les infractions assimilées. En conséquence, le rapport 2015 de Transparency International classe le Togo à la 107ème place sur 168, soit 19 places gagnées par rapport à 2014.

La population urbaine du Togo est de 2.8 millions d’habitants. Elle a été multipliée par 2.6 en 25 ans (1990-2014). La population urbaine représentait 39.5 % de la population totale en 2014, contre 28.6 % en 1990. Elle atteindra 50 % en 2030. La diminution progressive de la part des industries et des services dans le PIB ces trois dernières décennies est un indice de faible transformation structurelle de l’économie togolaise. En matière foncière, le Togo est considéré comme le pays le plus lent d’Afrique avec 288 jours requis pour enregistrer une propriété, contre une moyenne de 58 jours pour les pays de l’Afrique subsaharienne. Depuis les années 90 jusqu’à aujourd’hui, le coût de l’énergie et des communications, ainsi que la faiblesse du marché et l’accès limité aux capitaux sont présentés comme de graves handicaps à l’essor des villes et à la transformation structurelle du pays. Ces obstacles, qui devront être levés, sont surtout la conséquence d’un système foncier qui, depuis 50 ans, n’a pas pu s’adapter à l’émergence des villes et répondre aux aspirations du marché.