Stratégie de renforcement des capacités de la Banque africaine de développement

Depuis les années 90, l’Afrique fait des progrès significatifs et continus dans le domaine de la croissance économique, comme en témoigne le taux annuel moyen de croissance du PIB de 5,8 % enregistré avant la survenue de la crise économique et financière actuelle. Ces résultats sont attribués aux diverses réformes entreprises par les gouvernements africains pour stabiliser et libéraliser leurs économies, tout en stimulant la croissance. Toutefois, en dépit de ces progrès substantiels, bon nombre de pays africains pourraient bien ne pas atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement. Ceci est en partie attribuable au faible niveau des capacités qui constituent un sérieux obstacle à l’atteinte des objectifs de réduction de la pauvreté. Il est donc évident que quel que soit le montant des ressources financières injectées dans le développement de l’Afrique, les résultats obtenus seront limités ou modestes si les pays ne disposent pas des capacités humaines, organisationnelles et institutionnelles nécessaires pour absorber et utiliser efficacement ces ressources.

Bien que tous les pays africains soient face à un déficit de capacité, la Stratégie du Groupe de la Banque dans ce domaine reconnaît la diversité des besoins de développement, qui appelle des réponses différentes. L’accès aux services-conseils et aux produits du savoir et leur utilisation pour concevoir et mettre en œuvre les politiques et programmes est critique pour la plupart des pays à revenu intermédiaire. Cependant, pour les pays à faible revenu et les États fragiles, la situation est tout à fait différente. Les capacités organisationnelles, institutionnelles, et humaines de la plupart d’autres eux sont faibles ou ont été détruites par des guerres ou conflits civils. Ces pays ont certes déployé individuellement des efforts pour accroître leurs capacités en créant des institutions de formation spécialisées dans divers domaines, mais peu d’entre elles existent encore ou fonctionnent de manière satisfaisante. La plupart sont confrontées à des contraintes financières, à l’inadéquation de leurs équipements et à une pénurie de personnel. Les pays doivent par conséquent renforcer leurs capacités institutionnelles pour que certains d’entre eux puissent faire de leurs ressources naturelles non plus une malédiction, mais plutôt une bénédiction.
Les objectifs de la stratégie, qui couvre la période de 2010 à 2014, sont les suivants :

  • Améliorer l’efficacité du développement des opérations financées par la Banque ;
  • Renforcer les capacités des PMR dans le dialogue sur les politiques et les problèmes clés du développement ; et
  • Renforcer les capacités internes de la Banque.

La stratégie est alignée sur la Stratégie à moyen terme de la Banque (SMT) ainsi que sa Stratégie de gestion et développement du savoir (KMDS) ; de plus elle permettra à la Banque de coordonner et informer sur toutes les activités de renforcement des capacités financées par la Banque dans les PMR. Afin d’accroître les chances de succès de la mise en œuvre de la stratégie, l’appui de la Banque sera guidée par les principes suivants : accent sur les résultats et approche induite par la demande. De plus, la stratégie s’appuie sur la décentralisation des opérations de la Banque et propose une dévolution progressive de certaines activités de renforcement des capacités aux bureaux nationaux tout en tenant compte des capacités limitées de ces bureaux. En conformité avec la KMDS, la collaboration étroite avec les départements régionaux permettra d’améliorer la capacité des bureaux nationaux non seulement à renforcer les capacités de pays, mais également à identifier des institutions nationales et régionales avec lesquelles la Banque établirait des partenariats visant à accroître son impact et assurer la durabilité de ses programmes.

Les résultats attendus de la stratégie comprennent :

  • Une meilleure capacité de mise en œuvre des activités financées par la Banque ;
  • Une amélioration de la position de la Banque en tant que partenaire clé dans le développement des capacités à travers des cours reconnus ;
  • Le renforcement des capacités internes de la Banque ;
  • Un cadre de conception, de mise en œuvre, de suivi, et de rapports sur les activités de renforcement des capacités de la Banque ; et
  • La mise en place d’une « foire aux idées » pour promouvoir l’innovation dans les opérations de la Banque.

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