Chapitre 4. Inégalités hommes/femmes et lutte contre la pauvreté

Principaux messages

  • En Afrique, les inégalités entre les sexes limitent les avancées de la lutte contre la pauvreté de deux manières. Premièrement, les femmes sont exclues du processus de croissance et ne peuvent donc pas contribuer à la croissance potentielle du continent africain. Deuxièmement, elles ont un accès limité aux services capables d’améliorer leur capital humain, tels que l’éducation ou les soins de santé, si bien que la croissance n’a qu’un faible impact sur la réduction de leur taux de pauvreté. Cependant, durant quinze ans, les besoins des Africaines ont, dans une large mesure, été ciblés en priorité dans le cadre des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) et de l’alliance mondiale qui s’est constituée pour la mise en œuvre de ces objectifs. De fait, on constate sur cette période une réduction des écarts de genre dans l’éducation, les soins de santé et d’autres indicateurs de bien-être.
  • En dépit de ces progrès, les femmes constituent toujours la majorité des pauvres du continent. Les filles sont plus susceptibles que les garçons d’abandonner l’école, les femmes ont moins de chances que les hommes de travailler dans l’économie formelle, et le risque de mortalité maternelle demeure élevé dans nombre de pays africains. Dans l’agriculture, les inégalités hommes/femmes se caractérisent par des inégalités d’accès aux facteurs de production comme la terre, les engrais et le financement. Les emplois précaires sont essentiellement occupés par des femmes, qui, pour la plupart, ont des activités saisonnières ou font le petit commerce de produits agricoles. Les femmes qui dépendent de l’agriculture et qui ne possèdent pas de terres sont davantage exposées aux violences domestiques.
  • Dans certains pays, jusqu’à 50 % des femmes sont victimes de violences domestiques. Or, les victimes de ces violences ont peu de chances de pouvoir prendre des décisions en matière de pro-création, ce dont pâtissent aussi les enfants. Le sort des femmes étant déterminant pour celui de la prochaine génération d’Africains, compromettre leur rôle dans le développement aujourd’hui pourrait mettre en péril les perspectives de croissance de demain.
  • Autonomiser les femmes grâce à l’éducation (enseignement secondaire et au-delà) et leur procurer des emplois dans le secteur formel sont des moyens de les rendre moins vulnérables aux violences de leur partenaire. . La lutte contre les disparités entre les sexes dans l’éducation constitue donc une puissante stratégie pour faire reculer les violences faites aux femmes.