Chapitre 6. Transformation structurelle, agriculture et développement de l’Afrique

Principaux messages

  • La transformation structurelle de l’Afrique suit une trajectoire très différente du modèle classique, celui qui a engendré une forte croissance en Asie, et avant cela, dans l’Europe industrielle. La main-d’œuvre quitte l’agriculture et les zones rurales, mais l’industrie manufacturière formelle n’en est pas le principal bénéficiaire. Les migrants urbains sont en grande partie absorbés par les services, qui ne sont pas particulièrement productifs, et par l’économie informelle.
  • L’Afrique dispose d’un potentiel considérable pour assurer sa sécurité alimentaire, mais aussi pour produire des excédents exportables sur les marchés internationaux. Elle dispose de la plupart des ressources nécessaires pour accroître sa production agricole et la productivité de son agriculture, et possède une abondance de terres et de ressources humaines. Outre ses ressources naturelles et humaines, l’Afrique pourrait accroître son capital physique et mettre en œuvre des stratégies à même de développer son agriculture.
  • Les pays africains devront développer des secteurs à forte productivité pour compléter l’agriculture traditionnelle. L’agenda de développement devrait se concentrer sur l’agriculture comme source de croissance, par le biais de l’agro-industrialisation, plutôt que chercher à justifier les investissements dans ce secteur en invoquant la nécessité de lutter contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire. En améliorant la valeur ajoutée d’un grand nombre de ses exportations de produits primaires, l’Afrique dégagerait une marge concurrentielle sur les marchés internationaux. En outre, le volume de ses importations de denrées alimentaires est le signe d’un essor possible du commerce intra-africain de produits agricoles transformés.