Perspectives économiques en Afrique 2011

Les Perspectives économiques en Afrique (PEA) sont une publication annuelle préparée et publiée conjointement par la BAD, le Centre de développement de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA). Les PEA bénéficient du généreux appui financier de la Commission européenne et du Comité des Ambassadeurs du Groupe des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP).Le rapport passe en revue et analyse la performance économique des pays africains, tout en fournissant des informations, pays par pays, sur les perspectives à court et moyen termes à travers le continent. L’édition de 2011 des PEA couvre 51 pays africains, contre 50 l’année précédente.

Les économies africaines sont sorties du creux provoqué par la récession mondiale. En 2010, le taux de croissance moyen de l’Afrique s’est établi à 4.9 %, en progression par rapport aux 3.1 % de 2009. Les événements politiques en Afrique du Nord devraient cependant ralentir la croissance du continent en 2011 au rythme de 3.7 % (estimation). De grandes incertitudes relativisent toutefois les prévisions. Les inconnues concernent d’une part l’économie mondiale – et notamment l’impact du séisme et de la catastrophe nucléaire au Japon – et, d’autre part, la scène africaine – notamment les répercussions dans les pays voisins des événements de Libye et de Côte d’Ivoire. Sous réserve d’un retour à la normalité économique dans ces deux pays, le taux de croissance moyen du continent devrait rebondir à 5.8 % en 2012. En Afrique du Nord, où l’activité économique a été perturbée par les turbulences politiques, le chômage devrait encore gagner du terrain en 2011. Le chômage des jeunes est depuis longtemps problématique dans la région (comme dans bon nombre d’autres pays africains), et il a contribué à l’éruption des troubles politiques qui ont entraîné le renversement des gouvernements en place en Tunisie et en Égypte. Étant donné l’accroissement démographique rapide du continent, les tensions sur les marchés du travail devraient perdurer dans la plupart des pays.

Chaque année, le rapport aborde un thème spécifique portant sur un domaine de développement socioéconomique crucial, mais n’ayant pas encore fait l’objet de recherches suffisantes. Le thème des PEA 2011 est le suivant «L’Afrique et ses partenaires émergents». Depuis le début des années 2000, les pays émergents sortent de leur position relativement marginale pour s’imposer comme des partenaires à part entière. Le volume des échanges de l’Afrique avec ses partenaires émergents a doublé en valeur nominale en dix ans, pour représenter désormais 37 % du commerce total du continent, grâce au fait que les relations commerciales de l’Afrique avec ses partenaires émergents complètent souvent celles qu’elle entretient avec ses partenaires traditionnels. Si la Chine occupe le devant de la scène, dépassant les États-Unis en volume, d'autres pays émergents, pris ensemble, représentent une part plus importante des transactions. Si la Chine occupe le devant de la scène, dépassant les États-Unis en volume, les autres pays émergents, pris ensemble, représentent une part plus importante des transactions. La Chine représente plus du tiers des échanges commerciaux de l'Afrique avec la totalité de ses partenaires émergents.

L'UE et les Etats-Unis restent les sources d'investissements directs étrangers (IDE) les plus importantes pour les pays africains. Concernant l'Aide publique au développement (APD), les partenaires traditionnels dominent également, bien que la part des partenaires émergents soit en forte croissance.

Toutefois, ce n’est que la pointe de l'iceberg: les partenaires émergents fournissent à l'Afrique une gamme d’autres modalités de financement qui dépassent les définitions d'IDE et l'APD.