Réactions des participants

Mme Lily Talapessy, Administratrice suppléante, BAD

J’ai assisté aux différentes réunions. Pour moi, les ministres de l’économie et des finances doivent saisir l’occasion que leur offre la BAD pour harmoniser leurs positions. C’est également une opportunité pour repenser notre manière de concevoir les politiques à la Banque. J’attends également de cette conférence, qu’elle contribue à enrichir les débats sur certaines questions. Par exemple, nous avons suivi un exposé sur le thème : «La fuite des cerveaux est-elle bonne pour l’Afrique ? », par M. Yaw Nyarko, qui explique pourquoi nous devons relever le niveau des débats. Les exposés sur l’intégration régionale et les changements climatiques étaient très enrichissants également.


M. Alioune Badiane, directeur régional pour l’Afrique et les Etats arabes, UN Habitat

J’avoue que la BAD a été proactive en organisant cette rencontre conjointement avec l’UNECA.  Il n’est pas trop tard pour bien faire les choses, en ce moment où

des mesures sont déjà en cours dans les autres continents pour endiguer la crise financière. En sortant de cette rencontre, je pense que nous devons lancer un message très fort à la communauté internationale, pour l’exclusion dont nous avons été victime. En effet, nous (l’Afrique) avons été injustement marginalisés lors de la conférence du G20 prévue le 15 novembre. L’Afrique doit réagir sur le plan éthique.  Il s’agit actuellement de la première crise. Le continent risque d’être frappé par la crise dans sa deuxième phase, si nous n’y prenons garde.


M. Essomba Ngoula Blaise, Administrateur civil principal, ministère de l’économie, de la planification et de l’aménagement territorial, Cameroun

J’attends beaucoup des Africains à cette grande rencontre initiée par la BAD et l’UNECA.  Aujourd’hui, nos experts doivent exposer les mesures préventives pour alléger les effets de la crise financière sur les économies africaines. Il est vrai qu’il s’agit d’échange. Mais la BAD disposant d’un bureau de l’économiste en chef, devrait réunir ses experts et nous proposer une ébauche des solutions à la crise financière. Au niveau de l’Europe, les actions étaient coordonnées. Nous aurions souhaité disposer des rapports à l’avance pour mener les réflexions.


Mme Diarétou Gaye, directrice du département OREB, Banque africaine de développement

Il s’agit d’une opportunité pour nos ministres de se retrouver dans un cadre autre que leur contexte individuel, et de discuter sur une approche, en vue de rechercher une solution idoine à la crise financière qui frappe le monde.


M. Rakotobe A., directeur de la Facilité africaine de l’eau et du département OWAS, Banque africaine de développement

La rencontre vient à point nommé.  La mobilisation est très forte. C’est formidable. Cela dénote bien le besoin  d’échange de tous les acteurs potentiels au niveau de notre continent. Les experts veulent échanger et apporter une réponse concertée à cette crise financière, dont l’impact économique se précise de manière très forte.  Le continent a grand besoin de la voix de ses experts par ces temps, où la crise frappe toute la planète. Je pense qu’ils doivent contribuer au débat et influer sur les solutions qui tiendront compte des spécificités de nos économies et de notre contexte de développement. Ils doivent tirer des leçons de cette première phase de la crise, voir comment l’endiguer pour qu’elle ne se répercute violemment sur nos populations déjà vulnérables. En sortant d’ici, je souhaite qu’il y ait un message très fort à la communauté africaine et mondiale.


M. Augusto Maquengo, Portfolio Data Anslyst, OIVP/ONRI, African Development Bank

Je crois qu’il s’agit d’un véritable signal pour les africains et leurs gouvernements, pour s’approprier l’initiative de la BAD, et de se prémunir contre l’éventualité d’une crise, et de capter l’idée sous tendant la globalisation, pour mieux s’intégrer dans l’économie mondiale.  Il est dit que «les Africains ne doivent pas tendre la main». Nous devons être proactifs et prendre les initiatives  visant la promotion du développement à travers l’investissement dans l’agriculture, les infrastructures et par-dessus tout, rehausser notre niveau d’instruction. Notre Banque a un rôle prédominant à jouer dans le développement des pays membres régionaux. Elle a également pour rôle d’aider les PMR à juguler la crise financière. Ces pays ont également besoin d’être proactifs, raisons pour laquelle, je crois que la présence de nos ministres des finances et de l’économie parmi nous aujourd’hui, est salutaire.


Melle Sophia Gollwitzer, étudiante en thèse de doctorat à l’institut supérieur de Genève

Je participe à cette conférence en qualité d’étudiante en instance de soutenance d’une thèse de Doctorat. Je mets à profit ma participation pour mieux me familiariser avec l’institution panafricaine. J’avoue avoir beaucoup lu sur la Banque, et je suis fière de participer à cette conférence de haut niveau. J’ai discuté avec quelques intellectuels africains lors des réunions d’aujourd’hui. Il est fort agréable de voir que, par ces temps de crise financière planétaire, le Groupe de la Banque ait pris l’initiative de coordonner les positions de ses PMR. C’est une excellente occasion pour rassembler les africains, pour réfléchir sur les questions financières et pour proposer des solutions concrètes aux gouvernements. Ces solutions permettront aux gouvernements africains d’être un peu plus proactifs.


Interviews réalisées par : Aristide Ahouassou, a.ahouassou@afdb.org, Tél. : +216-7110-3414








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